Les drapeaux ukrainien et tatar de Crimée à Maïdan, Kyiv, 2017. Credit: Serhii Nuzhnenko/RadioSvoboda.org (RFE/RL)
Les drapeaux ukrainien et tatar de Crimée à Maïdan, Kyiv, 2017. Credit: Serhii Nuzhnenko/RadioSvoboda.org (RFE/RL)

Le combat des Tatars de Crimée, d’hier à aujourd’hui - 3e volet

Libérer l'Ukraine

L’Ukraine accédant à l’indépendance, les Tatars de Crimée peuvent enfin regagner leur patrie. Mais l’accalmie est de courte durée. En 2014, le Kremlin envahit militairement la Crimée. L’oppression et la terreur sont de retour. En 2022, l'impérialisme russe s'attaque au territoire ukrainien dans son entier. Dans ce troisième et dernier volet, Anne et Laurent Champs-Massart racontent comment le combat des Tatars de Crimée rejoint aujourd'hui le combat de tous les Ukrainiens.


Le 1er décembre 1991, en Ukraine, eut lieu le référendum entérinant l’indépendance du pays. Le « oui » l’emporta à plus de 90 %. Au Parlement, à Kyiv, l’indépendance avait déjà été votée1. Désormais, la base populaire confirmait massivement sa volonté d’être libre.

Avec l’indépendance, la Crimée est dotée d’un statut d’autonomie au sein de l’Ukraine souveraine. Dans le nouvel État, les Tatars de Crimée jouissent d’un organe, le Medjlis, qui « représente [leurs] intérêts auprès des autorités d’Ukraine, de Crimée, et devant les organisations internationales ». Entre 1991 et 2014, son objectif principal est de « remédier aux conséquences du génocide2des Tatars de Crimée perpétré par le régime soviétique, de restaurer les droits politiques et nationaux des Tatars de Crimée, ainsi que de garantir leur droit à la libre autodétermination sur leur territoire3 ». Ce désir de reconnaissance et de guérison passe avant tout par le retour des déportés en Crimée. En 1991, ils sont déjà 250 000 à être revenus dans la péninsule. Mais qu’ont-ils trouvé en lieu et place de leur terre ancestrale après un demi-siècle de déportation ?

L’effacement de la culture des Tatars de Crimée avait été mené en profondeur. Toponymie russifiée, monuments supprimés, cimetières absents, les pierres tombales ayant servi de matériaux de construction, terrains et maisons accaparés, aménagements éhontés, de type mafieux (les villas et les hôtels sur les littoraux). La population, très majoritairement russe, accueillit avec hostilité le retour des Tatars de Crimée sur leur terre d’origine. Il n’était plus question de l’ancien mode de cohabitation multi-ethnique qui caractérisait la société criméenne sous les khans (XVe-XVIIIe), quand les Tatars de Crimée majoritaires et les nombreuses minorités (Grecs, Arméniens, Slaves, Krymtchaks et Karaïtes etc.) coexistaient pacifiquement. Désormais, l’URSS enfin morte, mais le vaste cadavre gisant dans un chaos parfait, qu’allait-il advenir ?

Dans beaucoup de régions d'Ukraine, en Crimée plus qu’ailleurs, l’oligarchie et les réseaux mafieux se maintinrent habilement aux manettes.

Les institutions des ex-RSS, très souvent, n’ont fait que prolonger la vieille machinerie soviétique. Dans beaucoup de régions d'Ukraine, en Crimée plus qu’ailleurs, l’oligarchie et les réseaux mafieux se maintinrent habilement aux manettes. De toute manière, et quelle que soit l’équipe, il était hors de question, pour le centralisme moscovite, déjà en train de renaître de ses cendres,  de laisser la Crimée s'épanouir au sein d’une Ukraine indépendante et libre.

Immédiatement, les problèmes surgissent. Étrangement, ils semblent surgir d’eux-mêmes. La flotte de la mer Noire est supposée appartenir à la Communauté des États Indépendants (la CEI, qui, après le Tsarat et l’URSS, fut la forme nouvellement concoctée pour l’impérialisme russe, un avatar adapté à l’économie de marché et déguisé en progressiste). Mais les marins se voient interdire de prêter serment à l’Ukraine. La flotte de la CEI est la continuation de la flotte soviétique, et celle-ci la continuation de la flotte… russe. En 1997, après bien des manœuvres, Boris Eltsine met la main sur le port de Sébastopol, loué par la Russie pour une durée de 20 ans. À l’Ukraine échoient 18, 3 % des vaisseaux. Les fils se tirent, la Russie oriente la pression internationale sur l’Ukraine afin que celle-ci renonce à son arsenal nucléaire, ce qui fut fait dès 1994 (mémorandums de Budapest). Cette démilitarisation de l’Ukraine s'accomplit en échange de « garanties » : les puissances en jeu (Russie, États-Unis, Royaume-Uni) s’engageaient à protéger l’indépendance et l’intégrité territoriale du pays. Et les diplomates occidentaux d’applaudir, comme des pacifistes, et les hauts gradés de la CEI d’applaudir de concert, comme des apparatchiks mutants. L’Ukraine aura été bernée par les uns, et lâchée par les autres.

L’orage est pour bientôt. Le nuage gonfle et se rapproche. Au début du XXIe siècle, le néo-impérialisme russe a trouvé son nouveau dictateur. Nous parlons de Vladimir Poutine, mais ç’aurait pu en être un autre. Et après celui-là, il y en aura encore un autre. Il n'existe qu'une seule façon de briser cette chaîne. Donnons la parole à l'Ukrainien Léonide Pliouchtch, célèbre dissident anti-soviétique : « L’histoire de la Russie montre que chaque tentative de démocratisation, tout en préservant l’empire, s’est terminée par la défaite de la démocratie. Seules les défaites guerrières de l’empire l’obligeaient à se démocratiser.4 » À bon entendeur.

En 2003 a lieu l’« incident » de la digue de Touzla, que la Russie construit illégalement, dans le détroit de Kertch, entre la Crimée, c’est-à-dire l’Ukraine, et la Russie. C’est la création ex nihilo, par la Russie, d’un litige territorial (doublé d’un saccage écologique). Décidément, la péninsule est une bombe à retardement dont le minuteur file.

Pendant ce temps, le peuple ukrainien affirme sa volonté d’Europe et de démocratie. En 2004 : première révolution, la Révolution orange. Elle réunit un demi-million de citoyens à Kyiv. Les Tatars de Crimée s'engouent. Tamila Tacheva, députée ukrainienne et Tatare de Crimée, se souvient : « Notre colonne de Crimée a été accueillie en héros (…) J'ai ressenti le pouvoir de la résistance civile, de la résistance de la jeunesse, lorsque des milliers de jeunes se sont réunis sur la Place de l'Europe et ont déclaré pour la première fois que la voie pro-européenne et démocratique du développement du pays était fondamentale pour eux.5 »

Hiver 2013-2014 : deuxième révolution, l'Euromaïdan. Là encore, les Tatars de Crimée participent avec ferveur au mouvement populaire qui rassembla des centaines de milliers de personnes, jour et nuit, durant trois mois. Concomitamment, Moscou amorce l'invasion militaire de la Crimée. Quelques jours après la fin de l'Euromaïdan, et la destitution de Ianoukovytch, le président pro-russe, les « petits hommes verts », soldats russes agissant sans insignes, s’emparent du parlement de Simferopol. La Crimée est militairement prise en un mois et arrachée à l'Ukraine.

Manifestants criméens lors de l'Euromaïdan. gp.gov.ua

Du côté occidental, l’invasion de la Crimée surprit : « les conquêtes de type impérial n’appartenaient-elles pas au passé ? » Ou plus bêtement encore, elle fit peur : « qu’a-t-on fait pour irriter notre livreur d’hydrocarbures ? » Cette invasion, en même temps qu'elle proclamait son mépris viscéral du droit international et de l'Ukraine, provoqua la liesse en Russie. Dans la rue, dans les transports, les gens s’embrassèrent et célébrèrent l'évènement. Peut-être ce coup militaire fit-il diversion à l’aspect pathétique de leur Russie quotidienne, sa rudesse, son impasse, son marasme socio-économique. La cote de popularité de Vladimir Poutine remonte en flèche. Il formule sa propagande : « La Crimée a toujours [sic] été une partie inséparable [sic] de la Russie. Cette conviction profonde est fondée sur la vérité [sic] et la justice [sic] et s’est transmise de génération en génération6 ».

Plus sérieusement, Refat Tchoubarov (né en exil en 1954), président du Medjlis, commente l’invasion ainsi : « Pour moi, il est évident que les descendants de ceux qui avaient voulu tuer mes parents lorsqu’ils étaient encore enfants [lors de la déportation de 1944], annihiler le peuple tatar, en les retenant un demi-siècle dans des lieux d’exil, étaient revenus en Crimée pour finir leur œuvre ignoble.7 » En effet. En 2014, Moscou ne fait que réanimer le projet amorcé il y a deux siècles et demi : la Crimée sans Tatars de Crimée. La Crimée russe. Aussitôt, sans même attendre les résultats grotesques du référendum truqué proclamant le rattachement de la péninsule à la Russie, la coercition se déploie. Les Tatars de Crimée, tout comme jadis, en sont les premières victimes. Ce sont eux, en effet, qui subissent de plein fouet les activités de répression associées à l’occupation.

Tout d’abord, le Medjlis voit toutes ses activités interdites par la « procureure générale de Crimée », au nom de la « lutte contre l’extrémisme ». L’organe policier russe (dont son fer de lance, le FSB) qui quadrille le territoire récemment conquis, déploie la panoplie consacrée : interdictions de réunions, pressions sur les journalistes, expropriations des médias locaux, emprisonnements politiques, perquisitions dans les lieux de cultes. L’alphabet latin est interdit pour écrire la langue tatare de Crimée. Les actions de protestation, toutes placées sous le principe de non-violence (ainsi qu'il en avait été en exil), boycott du référendum, chaînes humaines, rassemblements culturels etc. n’émeuvent évidemment pas Moscou.

L’aspect ethno-colonial redevient une priorité, si l’on considère l’arrivée massive de citoyens russes en Crimée : entre 500 000 et 800 000 depuis 2014, sur une population qui, au moment de l’invasion, chiffrait 2, 3 millions, dont 300 000 Tatars de Crimée8.Se pose alors pour ces derniers, comme pour le reste des Ukrainiens, ce navrant dilemme : faut-il rester, malgré l’occupation, ne rien lâcher, risquer les humiliations, les violences ? C’est le choix de beaucoup, notamment des plus âgés, nés en exil. Revenir leur avait été si difficile… Ou bien faut-il se réfugier en Ukraine continentale, demeurer libres, et refuser le passeport russe ? En effet, rester signifie, tôt ou tard, passer sous les fourches caudines en acceptant la nationalité de l’occupant, condition sine qua non que l’on veuille avoir accès au travail, aux soins, aller à l’école, ouvrir un compte en banque, faire le moindre pas. Ainsi, entre 2014 et 2022, 100 000 citoyens ukrainiens, dont une majorité de Tatars de Crimée, choisissent de quitter la péninsule pour se réfugier en Ukraine continentale.

Affiche clandestine en Crimée occupée. « N’y touche pas ! Le passeport russe, c’est l’esclavage ! » ostro.info

En parallèle de la colonisation démographique et culturelle, la Crimée est métamorphosée en gigantesque base militaire par la Russie. Le pont de Kertch est construit. C’est la première fois que la Russie est physiquement reliée à la Crimée. Ce pont permet l’afflux de matériel et de soldats, de lance-roquettes, de munitions, de radars, de missiles et d’aéronefs, en vue de la conquête de l’Ukraine continentale (qui, de fait, est conçue comme l’étape n°2 dans la réalisation du projet russe d’un axe Bosphore-Baltique, réunissant l’enclave de Kaliningrad à la mer Noire, incluant la soumission des Pays baltes et de l’Ukraine, en sus de la Biélorussie, déjà vassalisée). Comprenons que l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022 aurait été inenvisageable si la Crimée n’avait pas déjà été occupée. De 2014 à 2022, le Kremlin fut libre de concentrer des forces en Crimée, tandis que l’Ukraine écopait d’une guerre insoluble dans le Donbass (un autre de ces faux problèmes internes qui, au voisinage russe, apparaissent par « génération spontanée9 »). En février 2022, suffisamment de matériel avait été massé dans la péninsule pour attaquer l’hinterland ukrainien par le sud.

Le lancement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine10 provoque la fuite hors de Crimée de 100 000 Ukrainiens supplémentaires, dont une majorité de Tatars de Crimée. En effet, dans la péninsule (tout comme dans les autres régions occupées), l’armée russe enrôle de force les Ukrainiens, les soumet au chantage (menaces sur les familles) en fait des « malgré-nous », acculés à se battre contre leur propre pays. La coercition sur les civils s’accroît. De nos jours, en Crimée, le FSB passe à l’improviste chez les Tatars de Crimée : « Nous savons qui vous êtes, combien vous êtes, ce que vous faites », et ils s’en vont, pour revenir bientôt.

Les forces d’occupation auscultent les téléphones, déshabillent les suspects à la recherche de tatouages pro-ukrainiens ou pro-tatars de Crimée. Le viol et la torture des opposants sont des pratiques courantes. Des centaines de milliers d'enfants ukrainiens sont capturés et déportés en Russie pour y être russifiés. La résistance est muselée. Coller sur sa voiture un autocollant où il est écrit « Non à la guerre » ou « Vive les Forces armées ukrainiennes », vous expose à de fortes amendes, voire à des peines de prison. La répression s’infiltre dans les sphères les plus intimes. Nous avons le cas d’un DJ, condamné à une amende de 30 000 roubles (300 €, l'équivalent d'un salaire mensuel moyen) et à 10 jours de prison pour avoir, durant un mariage, en contexte familial et privé, passé la chanson La viorne rouge11, considérée comme « nationaliste » et « extrémiste » par le « droit » russe. C’était d’ailleurs un mariage de Tatars de Crimée, car ceux-là sont particulièrement surveillés et surreprésentés dans les statistiques des peines.

En mars 2025, la Russie détient 220 prisonniers politiques ukrainiens arrêtés en Crimée. Parmi eux, 133 sont des Tatars de Crimée. 18 journalistes qui travaillaient sur la péninsule sont actuellement en prison. 14 d'entre eux sont Tatars de Crimée12. Toutes ces personnes, illégalement condamnées à de très longues peines de prison, sont détenues dans des conditions extrêmement difficiles, et ce n'est qu'au prix d'immenses efforts internationaux qu'elles parviennent, parfois, à ressortir vivantes de leur captivité.

Depuis l’invasion de la péninsule, le Medjlis, l’organe représentatif des Tatars de Crimée, s’est temporairement basé à Kyiv pour échapper à la persécution. Son rôle est redéfini, ses membres « représentent les intérêts de la Crimée et des Tatars de Crimée au niveau national et international, défendent les droits du peuple à l’autodétermination, s’occupent des questions relatives à la libération de la Crimée, au soutien apporté aux prisonniers politiques de Crimée et à leur famille, au développement de la culture tatare de Crimée, à la préservation de la langue tatare de Crimée13 ». Nous soulignons libération de la Crimée, puisque les Tatars de Crimée sont parmi les premiers à avoir compris que la sécurité de leur pays, mais aussi celle de toute l’Europe, ne pourra passer que par la restauration de l’intégrité territoriale de l'Ukraine, incluant la Crimée. Un compromis criméen ne mènera jamais à une paix durable. La péninsule ne peut demeurer le réservoir militaire indispensable à la Russie pour une nouvelle agression vers l’Ukraine, vers l’Europe, vers nous-mêmes.     

Les Tatars de Crimée sont parmi les premiers à avoir compris que la sécurité de leur pays, mais aussi celle de toute l’Europe, ne pourra passer que par la restauration de l’intégrité territoriale de l'Ukraine, incluant la Crimée.

Le destin des Ukrainiens et des Tatars de Crimée est définitivement lié, et à la continuité historique et territoriale, s’ajoute désormais, plus que jamais, la souffrance partagée, qui a scellé irréversiblement leur union et leur volonté de défendre leurs valeurs communes. En 2016, le Parlement d’Ukraine a adopté un projet de loi sur la restauration dans la péninsule de la toponymie en langue tatare de Crimée. Cette loi entrera en vigueur après la libération de la péninsule.

Les Tatars de Crimée, comme tous les Ukrainiens, œuvrent activement à cela. Ils servent dans l’armée ukrainienne. Certains bataillons, comme le bataillon « Crimée » ou « Noman Çelebicihan », sont constitués majoritairement de volontaires tatars de Crimée. À l’intérieur de la péninsule occupée, la résistance civile ou armée est nécessairement clandestine. Les mouvements « Yellow Ribbon » (« ruban jaune ») ou « Zla Mavka », disséminent, çà et là, des symboles ukrainiens qui redonnent espoir à la population. Quant au mouvement « Atesh » (Ateş : « feu ») il mène des campagnes de renseignement militaire ou de sabotage.

Le dernier mot sera en langue tatare de Crimée. « Serbestlik ve aqiqat – bu eki qıymetli şeydir  », ce qui veut dire : « La vérité et la liberté sont deux choses précieuses. »

 

Les auteurs souhaitent chaleureusement remercier Alim Aliev et les membres de la Crimea Platform, en particulier Anna Sytnikova.

  • 1. Le 24 août 1991, désormais jour de la fête nationale ukrainienne.
  • 2. À ce jour, sept pays ont reconnu la déportation des Tatars de Crimée comme un génocide : l’Ukraine (2015), la Lituanie et la Lettonie (2019), le Canada (2022), la Pologne, l’Estonie et la République tchèque (2024).
  • 3. Site du Mejlis of the Crimean Tatar People : qtmm.org
  • 4. Léonide Pliouchtch, Ukraine, à nous l’Europe !, trad. M. Malanchuk, Ed. du Rocher, 1993, p.239.
  • 5. In « Чому кримські татари є одним з фундаторів української державності » (Pourquoi les Tatars de Crimée sont l'un des fondateurs de l'Etat ukrainien) pravda.com.ua
  • 6. Discours du 18 mars 2014.
  • 7. In Goulnara Bekirova, Un demi-siècle de résistance, les Tatars de Crimée, de la déportation au retour (1944-1991), trad. I. Dmytrychyn, M. Deschanet, M. Starinska, Ed. L’Harmattan, 2018. Postface de Refat Tchoubarov.
  • 8. De 2014 à 2024, 20 % de la population criméenne a ainsi été remplacée. In Occupied Crimea in the context of Russia’s large-scale aggression against Ukraine : trends. ppu.gov.ua
  • 9. En 1991, lors du référendum pour l’indépendance, le « Oui » l’avait emporté à 83 % dans les régions orientales de l’Ukraine.
  • 10. Cette invasion fut baptisée par les Russes « opération spéciale », une terminologie qui la relie directement aux agissements et à la rhétorique du stalinisme, avec ses « colons spéciaux », ses « zones de peuplement spéciales » ses « régimes spéciaux », autant d'euphémismes qui servaient à masquer les crimes que l'on sait.
  • 11. En ukrainien : цервона каліна (tchervona kalyna), cette chanson a été composée au XIXe siècle. Elle accompagne depuis la conscience nationale du pays. Une version particulièrement belle existe, chantée par Andriy Khlyvnyuk avec l’appui instrumental de Pink Floyd (avril 2022).
  • 12. crimea-platform.org
  • 13. Site internet du Medjlis, qtmm.org