© Vincent Pontet, coll. Comédie-Française
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La Vie de Galilée à la Comédie-Française

juin 2019

Le rôle essentiel du doute dans la recherche scientifique est très finement proposé au spectateur dans la scénographie et les décors d’Éric Ruf.

Ce n’est que la deuxième fois que La Vie de Galilée de Bertolt Brecht est présentée à la Comédie-Française[1]. La première fut la dernière mise en scène d’Antoine Vitez, en 1990. Alors administrateur, Vitez mourrait brutalement à cinquante-neuf ans, alors que la pièce était en répétition, comme Brecht qui s’était éteint (en 1956), à quelques mois près au même âge, lui aussi en pleine répétition de sa dernière œuvre avec le Berliner Ensemble à Berlin-Est.

Si La Vie de Galilée a été montée par de nombreux metteurs en scène depuis – notamment plusieurs fois par Jean-François Sivadier en France –, il fallait de l’audace à l’actuel administrateur de la Comédie-Française, Éric Ruf, pour proposer une nouvelle mise en scène dans la même traduction d’Éloi Recoing, qui serait forcément confrontée à celle de son prédécesseur[2].

Le résultat est splendide. Le parti pris esthétique, qui pourrait susciter les critiques des partisans de l’austérité brechtienne, permet justement si ce n’est de pren

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Emmanuelle Saulnier-Cassia

Professeure de droit public à l’université de Versailles, agrégée des Facultés de droit, elle est spécialisée en droit de l’Union européenne. Elle a créé par ailleurs une réflexion sur l’appréhension du droit par les arts (scéniques en particulier), à travers une chronique mensuelle « Du droit dans les arts » aux Petites affiches, une rubrique « Théâtre » dans la revue Droit & Littérature depuis…