Sigmund Freud, Wikipédia
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Sigmund Freud et les désillusions de la culture

À quelques semaines des prochaines élections au Parlement européen, nous poursuivons la publication d’une série d’articles consacrés à « l’idée d’Europe »*. Dans cette troisième livraison, Françoise Coblence explique la tension, chez Freud, entre l'indispensable travail de culture et la grande fragilité de celui-ci, notamment dans le contexte des guerres et de la psychologie des masses. 

Quelques repères biographiques permettent de situer Sigmund Freud en Europe et dans son siècle. Freud naît en 1856 à Freiberg en Moravie ; sa famille s’installe à Vienne en 1860. Freud fait toutes ses études à Vienne, mais ses deux demi-frères vivent à Manchester, où il séjourne en 1875 et envisage un temps de s’établir ; il restera toujours très attaché à l’Angleterre mais revient à Vienne ; il séjourne à Paris en 1885-1886 dans le service de Charcot à la Salpêtrière. Par la suite, Freud effectue de nombreux voyages en Allemagne, en Italie. Très jeune, il est témoin de l’humiliation antisémite infligé à son père à Freiberg et aura à cœur de le « venger ». Quand sa famille s’installe à Vienne, c’était l’époque, écrit-il,« où tout petit juif laborieux portait dans son sac d’écolier un portefeuille de ministre ». Mais il va connaître aussi la force de l’antisémitisme viennois, notamment lorsque Karl Lueger – dont Hitler se réclamera – sera maire de Vienne (1897-1910).

Freud est européen comme le sont les juifs viennois. Il a une grande culture classique, conna&

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