Massacres sur la côte syrienne
Violences, mémoires et recompositions communautaires en territoire alaouite
Dans le contexte particulier de chute de régime que connaît la Syrie, la région côtière du pays, perçue comme le bastion historique du pouvoir alaouite, est marquée par des tensions « intercommunautaires » croissantes. À partir d’entretiens réalisés sur place, ce reportage mêle récits de terrain et analyse des fractures d’un territoire qui, à l’image du pays dont il semble être le miroir déformant, est tiraillé entre héritages contradictoires, peurs et stratégies de survie.
Début avril 2025, Jableh, gros bourg du sud de Lattaquié sur la côte syrienne, à la composition religieuse mixte, ne semblait plus véritablement habité, livrant au regard un paysage figé, suspendu entre ruine et silence. Dans la géographie urbaine de Jableh, la répartition confessionnelle s’esquisse ainsi : aux côtés d’une petite minorité chrétienne, les sunnites occupent le centre historique de la ville et les quartiers plus au sud, tandis que les Alaouites, installés plus récemment après avoir quitté leur montagne ancestrale, sont concentrés dans le nord et ne se sont véritablement établis sur la côte qu’au tournant du xxe siècle. Pourtant, ce secteur de la ville, d’ordinaire animé comme l’ensemble du littoral syrien, semble aujourd’hui figé. Les rues sont vides, les volets clos. Depuis les massacres de début mars 2025, les habitants des quartiers alaouites vivent retranchés chez eux, contraints par une peur diffuse à une forme de réclusion sociale que rien, en apparence, ne laissait présager.
Ce reportage tente de saisir les ressorts de l’état de sidération collective qui règne sur la côte syrienne depuis les massacres. Ces événements rappellent, s’il en était encore besoin, que la transition syrienne ne suivra pas un chemin de paix linéaire. Pire : ils semblent conforter le récit véhiculé par les partisans du régime déchu, selon lequel Bachar al-Assad incarnait une forme d’ordre. S’il était coercitif, il se voulait également garant de la protection des minorités face aux menaces conjuguées de l’anarchie et de l’islamisme.
L’histoire ancienne des Alaouites ne semble guère pertinente pour contextualiser les problèmes dont il est question ici, les tensions actuelles s’inscrivant dans un système politique récent. Inutile donc de revenir sur la façon dont les Alaouites sont méprisés par le reste de la communauté des musulmans. La clé du problème ne se trouve pas ni dans l’appartenance communautaire (le rapport à la vérité déterminée par la religion) ni dans une quelconque exégèse de la divergence doctrinale ; ils s’enracinent dans les liens et réseaux d’intérêts que l’appartenance communautaire permet de construire1. Ces réseaux d’alliance favorisent d’abord une solidarité collective, ensuite l’émergence d’un projet politique et enfin la conquête du pouvoir2. Autrement dit, et n’en déplaise aux partisans d’un « choc de civilisations » qui prendrait racine dans des différences insurmontables, les fractures que l’on nomme « communautaires » relèvent moins d’un affrontement métaphysique que de logiques factieuses d’opportunités et de clientélismes, le politique agissant toujours dans ce genre de conflits.
De la marge au centre du pouvoir
Revenons tout de même sur les conditions d’accession pour le moins singulières de cette minorité confessionnelle, à la position sociale longtemps marginale, au sommet de l’appareil d’État et sur la manière dont elle s’est maintenue au pouvoir pendant plus d’un demi-siècle par une répression systématique, devenue au fil du temps une véritable méthode de gouvernement.
Les Alaouites, secte ésotérique issue d’un courant du chiisme duodécimain, ont historiquement occupé les marges sociales, géographiques et politiques de la Syrie. Implantés principalement dans les reliefs escarpés de la région côtière du Djebel Ansariyé, ils ont longtemps souffert d’une relégation à la périphérie de l’espace politique sunnite dominant, surtout à l’époque ottomane, et ce même après les réformes (Tanzimat) qui accordaient aux minorités non musulmanes (« millets ») le droit, entre autres, de parler, d’enseigner et de publier des journaux dans leurs langues respectives.
Durant le mandat français (1920-1946), le sort des Alaouites, pour la plupart favorables à la présence mandataire, s’améliora nettement. Les autorités coloniales, appliquant une logique de division confessionnelle du territoire, leur accordèrent une certaine autonomie administrative, allant même jusqu’à leur promettre l’indépendance de fait dans un « État des Alaouites » qui ne verra finalement jamais le jour. Durant cette période, certains Alaouites purent s’élever socialement en intégrant les institutions militaires créées par les Français (les « troupes du Levant », dans lesquelles les minorités confessionnelles étaient surreprésentées). Cette militarisation précoce joua un rôle déterminant dans leur ascension ultérieure.
À partir de l’indépendance de la Syrie en 1946, période mouvementée, l’armée devint un acteur central de la vie nationale. C’est dans un contexte de coups d’État à répétition que Hafez al-Assad accéda au pouvoir en 1970, marquant l’avènement d’un régime autoritaire à forte coloration communautaire qui allait se maintenir plus de cinquante ans. La concentration du pouvoir entre les mains de dignitaires issus du bastion alaouite (organes sécuritaires, services de renseignement et autres militaires), exacerbant les haines communautaires de part et d’autre, demeura une constante jusqu’à ce que, en 2011, un soulèvement populaire, qui s’inscrivait au départ dans le sillage des Printemps arabes, révèle au grand jour les fractures nationales du pays. La réaction plus que brutale du régime transforma rapidement l’insurrection en guerre civile. La communautarisation du conflit par le régime Assad poussa les « minorités » à craindre un effondrement de l’État au profit d’un islamisme sunnite radical.
À la chute de ce régime sanguinaire fin 2024, le système de clientélisme interne que celui-ci avait mis en place pour son maintien se retourna contre les minorités confessionnelles, instrumentalisées jusqu’alors, et parfois contre leur gré, comme en témoignent les massacres dans les villes et villages alaouites.
La peur de l’autre
La région côtière syrienne, à forte majorité alaouite, est perçue comme le sanctuaire du régime. En mars 2025, quelque quatre mois après la fuite de Bachar el-Assad et la victoire des rebelles, le ressentiment à l’égard de l’ancien pouvoir central s’est retourné contre certains groupes minoritaires, en particulier les Alaouites. En effet, depuis cette date, une répression féroce s’est mise en place contre de nombreux membres de cette communauté, perçus comme les bénéficiaires historiques du régime déchu. La version officielle indique que, le 6 mars, une patrouille des forces de sécurité du nouveau régime a été attaquée près de Jableh par des insurgés pro-Assad, entraînant la mort d’une dizaine d’agents. Les forces gouvernementales auraient, en représailles, lancé une opération militaire dans les gouvernorats de Lattaquié et Tartous, allant jusqu’à imposer un couvre-feu.
Cette version est néanmoins formellement démentie par certains observateurs, au premier rang desquels Fabrice Balanche, géographe spécialiste de la Syrie, qui attribue ces violences à des groupes islamistes radicaux qui chercherait à « épurer » ethniquement la population syrienne de sa communauté alaouite, accusée de complicité avec le régime des Assad mis en place en 1970. Il est vrai que, sur le terrain, ce que l’on observe ressemble moins à une opération ciblée qu’à une logique punitive systématique, alimentée par des dynamiques de vengeance collective. Il conclut ainsi que ces massacres reflètent une haine religieuse profonde et une volonté d’éliminer les Alaouites de la région3. Ces événements tragiques ont entraîné la mort de plusieurs centaines de civils et suscitent au niveau international de vives inquiétudes quant à la stabilité de ce pays en pleine transition politique.
Même si les massacres ont diminué en intensité depuis début avril, des crimes continuent à être commis dans le riff (la campagne environnant) de Jableh et Lattaquié, tandis que d’autres actes immoraux, plus insidieux, viennent renforcer la crainte de ceux qui voyaient en la chute de Bachar al-Assad un élément d’instabilité dangereux, particulièrement prompt à causer dommages aux minorités ethno-confessionnelles : des membres liés au nouveau pouvoir (manifestement des miliciens et figures locales en quête de revanche) se sont accaparé de nombreuses maisons et appartements alaouites désertés par leurs habitants effrayés (les plus chanceux ont pu rejoindre des membres de leur famille en Europe, d’autres, partis dans la précipitation, ont dû fuir au Liban ou en Jordanie voisine, laissant ainsi leurs foyers et les biens qu’ils contenaient à la spoliation). Plus grave encore, les nouveaux occupants des lieux n’ont ensuite pas hésité à aller sonner chez leurs nouveaux voisins terrorisés pour réclamer qu’on leur livre argent, effets personnels… Salma4, une Alaouite des quartiers aisés du centre-ville, s’inquiète : « Ils vont venir prendre deux maisons voisines. Ils veulent occuper la maison qui est juste en face de la nôtre. Ils savent quand quelqu’un quitte sa maison, et alors ils la prennent. »
Un autre aspect symptomatique de cette situation peut être illustré par l’éviction manifestement illégale des responsables de la Ligue des écrivains arabes de leurs fonctions, remplacés par d’autres jugés comme n’ayant aucune légitimité : ils ont vécu toute leur vie à l’étranger, n’ont jamais mis les pieds en Syrie et certains ne sont même pas écrivains5.
Les informations que j’ai pu récolter auprès des habitants locaux étaient souvent contradictoires et péchaient principalement sur l’origine des troubles : pour certains, les violences auraient été déclenchées par une attaque d’Alaouites opposés au nouveau régime ; pour d’autres, au contraire, ce seraient des membres des forces en place qui auraient commencé la répression. Autant d’hypothèses fragmentaires, parfois imprégnées de rumeurs ou de peurs collectives, qui reflètent davantage l’état de confusion généralisée que la réalité objective des faits. Ce qui est sûr, c’est que de nombreux magasins et boutiques appartenant principalement à des Alaouites ont été pillés et incendiés et que des rixes ont éclaté dans les quartiers appartenant à cette communauté. La route côtière est jonchée de bâtiments défoncés, de station essence carbonisées, et les nombreux restaurants de bord de mer qui faisaient jadis le bonheur des habitants de la ville ont été complètement saccagés. Certains témoignages évoquent même des décapitations en pleine ville, frappant des individus de tous âges et sexes (mais se concentrant surtout sur les jeunes hommes), ce qui tendrait à appuyer l’hypothèse d’affrontements quasi génocidaires, le but in fine étant l’impossibilité de reproduction physique de cette communauté confessionnelle minoritaire.
Un contraste aussi frappant que désolant se dessine rapidement lorsqu’on observe de plus près la division entre la partie nord et la partie sud de Jableh. Cette dernière, majoritairement peuplée par des sunnites venant de terminer un long mois de ramadan, est pleine de vie et d’allégresse : ils vont et viennent, apparemment indifférents aux événements récents. Cependant, atteignant la rue Ghazalat, qui marque l’entrée dans la zone alaouite, ils s’arrêtent brusquement et opèrent un sec demi-tour pour continuer à vaquer à leurs occupations de l’autre côté de la ville. La rue en question, loin d’être une simple ligne de séparation géographique, semble incarner une frontière tangible, marquant nettement dans le paysage et la psyché locale l’empreinte laissée par les événements actuels.
L’atmosphère générale des quartiers alaouites reste néanmoins extrêmement tendue, les informateurs chez qui je logeais ne sont pas sorti une seule fois de chez eux durant mon séjour : « Il ne fait pas bon être présent le vendredi ici. Ils appellent au djihad et à de mauvais coups », me confie Hala, une habitante alaouite. Elle continue : « Les coups de feu et explosions dans la ville se font quotidiennement entendre, sans que l’on puisse forcément leur attribuer une origine précise. Par contre, à son bruit, on peut reconnaître la provenance d’un avion… »
Les sunnites interrogés sur place, quant à eux, se montrent moins inquiets, mais demeurent méfiants face aux questions que je leur pose : « Il faut enquêter des deux côtés », me dit l’un deux, soulignant les nombreuses raisons et crimes dissimulés par la communauté alaouite. « De nombreuses choses se sont passées, personne ne sait qui est vraiment responsable. » Malgré ma connaissance de l’arabe, Ahmad, sunnite de Lattaquié, me dit ces phrases en anglais pour être sûr d’être compris et peut-être entendu par l’extérieur, dans les heures sombres que connaît son pays.
Ce qui est frappant quand on discute avec les Syriens en général, et ceux de la côte en particulier, c’est leur incapacité – feinte ou réelle ? – de comprendre les craintes de « l’autre ». Si l’on divise, trop schématiquement, la population en deux, sunnites d’un côté, minorités de l’autre, on est frappé de constater que les premiers prétendent ne pas avoir conscience de la peur que ressentent les seconds qui, à leur tour, semblent ne pas entendre les raisons pour lesquelles les sunnites ont pu se sentir particulièrement visés par la répression à l’époque du régime des Assad. Les affects forment des filtres qui empêchent tout travail de mémoire partagé et interdisent ainsi toute réconciliation. De fait, dans le quartier chrétien de Damas, de nombreuses personnes interrogées exprimaient un regret palpable face à la chute de l’ancien régime, imputant même parfois les pannes d’électricité ou la présence de femmes voilées à l’arrivée au pouvoir des milices rebelles, dans une confusion où la peur de l’autre l’emporte souvent sur l’exactitude factuelle.
Cependant, pour l’instant, dans les grandes villes de l’ouest du pays du moins, la Syrie est loin de vivre sous la chappe de plomb d’un ordre rigoriste dicté par la loi islamique : les restaurants ouvraient dans la journée durant le mois de ramadan et, s’ils restaient très peu fréquentés avant le coucher du soleil, ils servaient volontiers des repas aux quelques badauds venant s’y retrouver dès midi sans que personne n’ait l’air de s’en formaliser. L’alcool (en particulier la bière Afamia, brassée dans les environs de Damas) est consommé à toute heure et publiquement dans certains quartiers de la capitale, sans réprobation visible. À Damas, les nombreuses églises du quartier chrétien de Bab Touma officient sans être inquiétées et, en ce dimanche des Rameaux, la moitié de la ville résonne au bruit solennel de leurs fanfares célébrant avec éclat l’entrée dans la Semaine sainte : « Dis-leur, dans ton pays, qu’ici toutes les croyances sont acceptées », m’intime Khaled, un sunnite du quartier de Chaalan, dans la banlieue de Damas. Pour fêter la Pâque, de jour comme de soir, les processions du Chemin de Croix se succèdent – chaque église organisant la sienne – au rythme des percussions et des trompettes. De nombreux musulmans prennent part à ces festivités.
De manière générale, si l’unité nationale est loin d’être établie en Syrie, elle ne fonctionne pas, comme au Liban voisin, uniquement sur une base communautaire, le référent identitaire principal étant plutôt celui de l’origine géographique, les habitants ayant conscience que les disparités entre provinces sont très importantes.
L’instrumentalisation des marges
La Syrie n’est pas un pays pauvre, c’est un pays usé, et les tensions intercommunautaires millénaires, exacerbées par plus d’un demi-siècle d’un régime qui survivait grâce à l’instrumentalisation du facteur religieux, ne sont pas près de s’éteindre, malgré la « libération » du pays par les rebelles6. Quel État dans la région a-t-il d’ailleurs pu réaliser un tel exploit ? Il faudrait d’abord que, au Proche-Orient, le référent national fonctionne sur une base nationale. Or, quand les murs sont dans les têtes et la crainte dans les cœurs, la politique perd en légitimité et peine à réparer par des décrets et des lois ce qu’elle a par ailleurs si profondément fissuré. Pourtant, n’importe quel observateur pourrait relever les disparités politiques qui existent en Syrie au sein de chacun des groupes confessionnels, les Alaouites ne faisant pas exception.
Malheureusement, la mémoire de ces mêmes minorités semble effacée depuis la chute de l’ancien régime. Les espérances étaient pourtant grandes parmi elles mais, voyant se profiler à l’horizon les répressions sanglantes et généralisées, ces communautés ont tendance à des comparaisons menant à une réhabilitation, une amnistie quelque peu amnésique : à les entendre, le clan Assad ne se serait rendu coupable d’aucun crime.
Il convient également de signaler qu’une partie des problèmes actuels trouve son origine dans le territoire syrien lui-même, « produit d’importation » pour reprendre l’heureuse formule d’Olivier Hanne, héritage du mandat français7. Cette configuration artificielle, imposée par la puissance coloniale, a souvent ignoré les réalités ethniques, confessionnelles et tribales locales. En conséquence, la Syrie moderne, comme à peu près tous les autres États de la région, s’est retrouvée avec des frontières tracées sans tenir compte des dynamiques internes, ce qui a généré des tensions persistantes et des conflits identitaires, rendant difficile la cohésion nationale et son corollaire, l’établissement d’une gouvernance stable.
Cependant, en Syrie, l’opposition paraît se dessiner moins entre confessions qu’entre classes sociales et géographies : ce sont surtout les citadins (traditionnellement les chrétiens et les sunnites8) qui se trouvent en rupture avec les populations rurales, dont sont issus une grande partie des Alaouites. À Homs, Damas, comme dans nombre de grandes villes, chrétiens et sunnites vivent dans les mêmes quartiers, partageant des modes de vie et des horizons politiques souvent similaires. Cela suggèrerait ainsi que les massacres de mars 2025 visant des Alaouites relèvent moins d’une vengeance à caractère confessionnel que du rejet politique d’un groupe assimilé à l’ancien régime : en Syrie, si c’est la confession qui a servi d’instruments de conquête du pouvoir, c’est l’instrumentalisation des marges (confessionnelles, mais aussi rurales, ethniques etc.) qui en a permis le maintien.
- 1. Voir Georges Corm, Pour une lecture profane des conflits. Sur le « retour du religieux » dans les conflits, Paris, La Découverte, coll. « Cahiers libres », 2015.
- 2. Pour reprend la célèbre triade formulée par Ibn Khaldoun dans sa Muqaddima [1375] : ʿaṣabiyya (solidarité tribale ou communautaire), daʿwa (revendication d’un pouvoir légitime ou projet idéologique), et mulk (exercice effectif du pouvoir politique). Voir Ibn Khaldûn, Anthologie, éd. Gabriel Martinez-Gros, Paris, Passés composés, 2024.
- 3. Fabrice Balanche, « Géographie du massacre des Alaouites » [en ligne], Conflits, 24 mars 2025.
- 4. Les noms des personnes mentionnées ont été modifiés par souci de leur anonymat.
- 5. Je remercie mon informatrice Shirine de m’avoir mis au courant de cette machination.
- 6. Une bataille sémantique a lieu pour savoir si la chute du gouvernement Assad est une « libération » ou des « événements », ce dernier terme étant plutôt utilisé par les groupes minoritaires hostiles au nouveau régime.
- 7. Olivier Hanne, « La Syrie : construction et ruine d’un territoire national », Les Cahiers de l’Orient, no 131, été 2018, p. 13-33.
- 8. Michel Seurat décrit la relation entre ces deux communautés comme une « entente » due à une certaine proximité sociale et culturelle, marquée par une forme de cohabitation historique qui s’est traduite, notamment à l’époque moderne, par une alliance implicite entre leurs élites bourgeoises respectives. Voir Michel Seurat, Syrie, l’État de barbarie, préface de Gilles Kepel, Paris, Seuil, coll. « Esprit », 1989.