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Pluralisme et tolérance

Entretien avec Dominique Schnapper

septembre 2007

#Divers

Cet entretien est paru initialement dans un supplément à la revue Esprit de novembre 2001.

Dominique Schnapper, professeur de sociologie à l’École des hautes études en sciences sociales et membre du Conseil constitutionnel, est l’auteur de nombreux essais dont Questionner le racisme, Paris, Gallimard, 2000; la Communauté des citoyens, Paris, Gallimard, 1994; la France de l’intégration, Paris, Gallimard, 1991.
Poser la question des frontières entre ce qui est tolérable et ce qui ne l’est pas ne revient-il pas à se demander quelles sont les procédures, les autorités qui permettent d’aménager le pluralisme politique, culturel et religieux dans lequel nous vivons? De l’aménager non seulement autour d’un minimum de valeurs communes mais aussi à l’intérieur de limites à ne pas dépasser?

Dominique Schnapper – Le pluralisme est à la fois un fait et une valeur démocratique liée à la tolérance. Mais comment établir et nourrir un minimum de cohésion ou de lien social sur l’idée de tolérance, qui ne contient en soi aucun contenu positif?
Vivre avec l’autre, ce n’est pas le tolérer. La tolérance relève toujours soit d’un certain paternalisme soit de l’altérité radicale. Tolérer l’autre, c’est dire qu’il est autre par définition. La frontière est vite franchie entre la tolérance et le différentialisme, cette attitude qui consiste à dire
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Isabelle Albaret

Diplômée d'histoire contemporaine à Sciences-Po Paris, Isabelle Albaret intervient auprès d'institutions privées et publiques, de think tanks et fondations internationales en tant que conseillère éditoriale. Elle a récemment participé à l'édition, pour la partie dictionnaire, de l'ouvrage collectif Jérusalem (Robert Laffont, coll. "Bouquins", 2018).…

Joël Roman

Philosophe, essayiste et éditeur   Joël Roman prône « un multiculturalisme à la française », qui reconnaisse le pluralisme social et culturel de la société française, l’empreinte durable des immigrations post-coloniales, et sache adapter le modèle républicain à la multiplicité individuelle, à la nouvelle question sociale des banlieues et à la présence établie de l’islam de France. Il place ainsi…