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Michel Rocard, une force de conviction

septembre 2016

#Divers

Michel Rocard, c’était d’abord un tutoiement chaleureux. Tout interlocuteur était immédiatement enrôlé dans une construction collective, invité à coopérer à cette œuvre commune. Cela n’empêchait pas les désaccords : mais ceux-ci n’étaient jamais sous-tendus par des querelles d’ego, tranchés par une volonté d’avoir raison coûte que coûte. Il lui arrivait de se lancer dans de longs développements, plus pour se convaincre lui-même, semble-t-il, que pour emporter l’adhésion de son interlocuteur, qui lui était déjà acquise. Mais ce qui comptait avant tout pour lui, c’était la qualité de l’argumentation. Une idée rationnellement démontrée était déjà victorieuse : tout au plus concédait-il parfois, comme à regret, son impossibilité politique. « Je suis un politique, moi, il faut le comprendre ! » disait-il ainsi, moins pour déguiser ses intentions que pour prendre en compte les exigences de la parole publique de celui qui exerce des responsabilités. Nul n’a plus que lui médité sur le système de contraintes que représentaient les médias, en particulier dans le livre qu’il publia en 1987, le Cœur à l’ouvrage1. Il y remarquait que la communication dévorait l’essentiel du temps d’un homme politique, au point de ne laisser qu’une place résiduell

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Joël Roman

Philosophe, essayiste et éditeur   Joël Roman prône « un multiculturalisme à la française », qui reconnaisse le pluralisme social et culturel de la société française, l’empreinte durable des immigrations post-coloniales, et sache adapter le modèle républicain à la multiplicité individuelle, à la nouvelle question sociale des banlieues et à la présence établie de l’islam de France. Il place ainsi…

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Ce dossier de rentrée est consacré à l’avenir de la gauche : non pas l’avenir électoral incertain de partis moribonds, mais le projet de société que les amis de l’égalité sont encore capables de nous faire espérer. Ce dernier doit affronter le défi de la mondialisation, à rebours du déni souverainiste et du renoncement néolibéral, en s’inspirant des dynamiques de la société civile.