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Photo : Alexander Sinn via Unsplash
Flux d'actualités

Après l’amour

 Les applications ouvrent à une variété de possibles qui déborde largement les discours sur la sexualité qui les corsètent souvent.

Alors que tout le monde en parle, nous ne faisons sans doute qu’entrevoir la révolution amorcée par les applications de rencontre, après les premiers sites des années 1990. Les commentaires sont volontiers élogieux et, alors que la vie sociale se contracte en temps d’épidémie, souvent curieux de la rencontre en ligne. Il y eut un temps où Tinder et autres applications suscitaient des débats vifs et une légère désapprobation – parfois une panique morale, largement exagérée, mais aussi des critiques plus fines de la perte d’authenticité, du consumérisme, des biais dans la sélection des profils, de la reproduction des inégalités ou du sexisme latent. Il en reste une dévalorisation souvent entendue, du type « je suis sur Tinder, mais quand même… » ou de la blague que l’on retrouve dans nombre de profils : « on dira qu’on s’est rencontré à la bibliothèque ».

Ce dont ces regards manquent bien souvent, c’est d’une expérience véritable du médium numérique de la rencontre, qui permette d’en chercher le sens sans condamnation ni fantasme. Qui sonde la révolution qu’elle augure dans les relations, par-delà les formes connues que les « applis » peuvent reprendre ? Le médium technique des applis ne fait que canaliser, au mieux accélérer, des transformations sociales qui lui préexistent. On ne saura jamais vraiment si la rencontre en ligne transforme la rencontre ou si le numérique emporte les ultimes secousses d’une révolution sexuelle en train de s’achever, voire de redémarrer

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Matthieu Febvre-Issaly

Doctorant en droit public à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Matthieu Febvre-Issaly est spécialisé en droit constitutionnel comparé et en théorie du droit.