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Un élan national

juin 2019

Comme celui du 11 décembre 1960, le soulèvement du peuple algérien le 22 février 2019 a surpris tout le monde. Ce mouvement concerne toute la nation, se caractérise par la non-violence et est porté par la jeunesse.

Le 11 décembre 1960, des manifestations réunissant des dizaines de milliers de personnes éclatent de manière soudaine dans les quartiers populaires d’Alger. Des drapeaux vert et blanc à l’étoile et au croissant rouges sont brandis, y compris par les femmes et les enfants qui ne craignent pas de braver la police et les parachutistes français. Le mot d’ordre est simple : revendiquer l’indépendance et soutenir le Front de libération nationale (Fln) et le Gouvernement provisoire de la République algérienne (Gpra). Alors que la bataille d’Alger a été perdue en 1957 par le Fln et que les autorités coloniales se félicitent de la baisse de ses attaques dans la ville et ses environs, le mouvement prend vite la forme d’une insurrection populaire, quelques jours à peine avant que l’Assemblée générale des Nations unies ne se penche de nouveau sur la question algérienne (19 décembre). Très vite, les manifestations s’étendent au reste du pays, notamment à Constantine, Blida et même à Oran, seule ville d’Algérie où les habitants d’origine européenne sont plus nombreux que les musulmans.

Les dirigeants français, à commencer par le président Charles de Gaulle, sont pris au dépourvu par cette irruption inattendue du peuple algérien dans l’arène politique. Mais ils ne sont pas les seuls. À Tunis, où il vient de s’installer après avoir quitté Le Caire, le Gpra est tout autant surpris et ses membres font d’abord preuve de circonspection face à ce qu’ils pensent être une manipulation des services secrets français. Très vite, le constat devient évident. Sans mot d’ordre initial, sans même solliciter le feu vert du Fln, les Algériennes et les Algériens ont décidé de faire entendre leur voix à un moment où rien n’était encore joué, l’indépendance étant loin d’être acquise.

Le pouvoir pris en défaut

Même s’il faut toujours se méfier des comparaisons historiques, on ne peut s’empêcher de repenser à ces manifestations du 11 décembre 1960 lorsque l’on se penche sur le hirak, ou mouvement populaire, du 22 février 2019. Dans les deux cas, c’est le surprenant surgissement du peuple algérien qui retient l’attention, de même que l’incapacité des pouvoirs en place à l’anticiper. En décembre 1960, la France était convaincue d’avoir eu raison du Fln sur le plan militaire et elle comptait bien pousser son avantage sur le terrain avant de négocier sérieusement avec le Gpra. Las, les manifestations du 11 décembre ont offert aux nationalistes des arguments précieux pour convaincre l’opinion internationale du bien-fondé de leur combat. Près de soixante ans plus tard, les dirigeants algériens n’ont jamais imaginé que le peuple puisse leur faire obstacle. Jusqu’en février 2019, le clan présidentiel réuni autour d’Abdelaziz Bouteflika et de son frère Saïd, ainsi que l’état-major dirigé par le général Ahmed Gaïd Salah, étaient ainsi persuadés qu’un cinquième mandat du président passerait comme une lettre à la poste et que rien de sérieux n’entraverait leurs projets.

C’est le surprenant surgissement du peuple algérien
qui retient l’attention.

Pour eux, le traumatisme des terribles violences de la «  décennie noire  » (1992-2000) et les guerres civiles libyenne, syrienne et yéménite devaient continuer à jouer leur rôle de répulsif, convainquant la majorité des ­Algériens de se désintéresser de la politique en préférant un pouvoir, pourtant honni, à l’aventure que représenterait une nouvelle tentative de transition démocratique. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’unique chaîne de télévision publique a diffusé, en septembre 2018, d’insoutenables et inédites images d’archives tournées après les massacres de populations civiles qui ont ensanglanté l’Algérois à la fin de l’été 1997. Un avertissement dénué d’ambiguïté que l’on pourrait résumer par le message suivant : « C’est nous [la présidence Bouteflika] ou, de nouveau, le chaos de la guerre civile. »

On connaît la suite… Début février, des messages rageurs contre le cinquième mandat ont circulé sur les réseaux sociaux. Des anonymes, dont certains furent arrêtés, n’ont pas hésité à publier des photo­graphies où ils brandissaient des pancartes hostiles au président. Mais rien de cela n’a inquiété son clan, ce dernier étant persuadé que le scénario de 2014 se reproduirait. À l’époque, les protestataires contre un quatrième mandat avaient plus ou moins réussi à se faire entendre mais échoué à entraîner la population avec eux. En février 2014, quelques centaines de protestataires s’étaient regroupés sur la place Maurice Audin au centre d’Alger avant d’être embarqués dans des fourgons de police sous l’œil indifférent, parfois même goguenard, des passants. Cinq ans plus tard, la même place voit passer, chaque vendredi, plusieurs centaines de milliers de manifestants venus de tous les quartiers de la capitale pour dire leur refus du maintien du système qui dirige l’Algérie depuis l’indépendance.

Saïd Bouteflika – véritable décideur en lieu et place de son frère malade et aphasique – comme le Premier ministre du moment, Ahmed Ouyahia, sans oublier le général et vice-ministre de la Défense Ahmed Gaïd Salah, ont donc totalement négligé la capacité des Algériens à se mobiliser en masse pour protester contre la perspective d’un nouveau mandat présidentiel d’un homme qui ne s’était plus exprimé en public depuis 2014. Cette erreur stratégique majeure démontre à quel point le clan Bouteflika s’est détaché des réalités algériennes tout en oubliant les principes de prudence qui guidaient ses prédécesseurs. En effet, jusqu’à la fin des années 1980, les dirigeants algériens ont toujours veillé à empêcher que ne se reproduisent des événements comparables à ceux du 11 décembre 1960. À titre d’exemple, ce haut fait du peuple durant la période coloniale n’a jamais fait l’objet de grandes célébrations ou cérémonies alors qu’il aurait pu parfaitement incarner le slogan officiel de l’après-­indépendance, « un seul héros, le peuple ». Un slogan qui, il faut le mentionner, avait surtout pour but de gommer les noms des personnalités historiques qui menèrent la guerre de libération et que le pouvoir entendait exclure de la scène politique ou, s’ils étaient morts, effacer leur nom de la mémoire collective.

Autre exemple, au milieu des années 1980, les organisateurs d’un concert de musique moderne algérienne (pop, raï et kabyle) furent convoqués manu militari par le secrétaire général du Fln – alors omnipuissant parti unique – pour expliquer pourquoi ils avaient choisi la date du 11 décembre pour cette manifestation devant réunir des dizaines de milliers de jeunes. Les concernés, qui, de leurs propres aveux, ignoraient tout des événements de 1960, se virent obligés de trouver une nouvelle date. Pour le Fln, un concert organisé un 11 décembre ne pouvait que cacher des intentions subversives…

De façon générale, quelles que soient les circonstances, l’obsession du pouvoir était la nécessité de ne rien faire qui puisse provoquer des regroupements massifs ou, à défaut, de les canaliser en évitant qu’ils ne dégénèrent. En maintenant coûte que coûte le projet de cinquième mandat présidentiel et en étant persuadés que la réaction populaire ne serait guère inquiétante, les membres du clan présidentiel ont donc fait une erreur majeure. Il faut dire que la gestion efficace de la grogne des Algériens au cours des vingt dernières années les incitait à ne pas anticiper le hirak du 22 février. En effet, et contrairement à une idée répandue, l’Algérie n’a jamais cessé de connaître des mouvements de protestation depuis le début des années 2000, période qui correspond au premier mandat du président Bouteflika. Les statistiques officielles de la gendarmerie nationale et du ministère de l’Intérieur indiquent que le pays a connu une moyenne annuelle de 10 000 manifestations de type heurts avec les forces de l’ordre, grèves, marches spontanées ou émeutes. Voilà qui remet clairement en cause l’image d’un pays calme et résigné. Néanmoins, ce chiffre doit être relativisé. Si l’Algérie «  bougeait  », elle ne le faisait pas de manière unitaire. Une émeute à Ténès (ouest du pays) après l’attribution, jugée clientéliste, de logements sociaux, ne débordait pas sur les petites villes environnantes.

De même, la grève des internes en médecine dont les marches furent durement réprimées en 2017 et en 2018 n’a pas provoqué de mouvements de solidarité dans d’autres corps médicaux et, encore moins, dans d’autres professions. Comme nous l’expliquait un haut responsable algérien au début de l’année 2019, « la grogne est gérable tant que les manifestations suivent le principe du “chacun son tour” ». À cet égard, il faut signaler que les années Bouteflika auront été marquées par un renforcement important des effectifs de la police, la Direction générale de la sûreté nationale (Dgsn) comptant désormais près de 200 000 hommes. De quoi étouffer les nombreux mouvements sociaux quand, dans le même temps, les médias publics prenaient soin d’occulter leur existence.

Les forces de l’ordre n’ont pas chômé, y compris en 2011 lors des révoltes populaires dans le monde arabe. Là aussi, contrairement à une autre idée reçue, l’Algérie a connu d’importantes manifestations en janvier de cette même année, toutes réprimées. Mais le dérapage libyen avec l’intervention des forces armées de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) et la dégradation rapide de la situation en Syrie, à Bahreïn et au Yémen, ont convaincu une grande majorité d’Algériens que le scénario de l’échec de l’ouverture démocratique de la fin des années 1980 pouvait se répéter chez eux. À cela, il faut ajouter que le pouvoir algérien a su faire quelques concessions dont l’abrogation de l’état d’urgence en vigueur depuis 1992 et la promesse de changements constitutionnels. Autre argument de taille, le pouvoir a aussi délié les cordons de la bourse en augmentant les traitements des fonctionnaires, les hausses atteignant parfois 80 % du salaire avec effet rétroactif de plusieurs mois. De quoi se garantir la paix sociale, un levier efficace que ni le régime de Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie ni celui de Hosni Moubarak en Égypte n’avaient les moyens de s’offrir faute de réserves financières comparables à celles de l’Algérie (200 milliards d’euros de réserves de change à l’époque).

Une rupture historique

Le hirak du 22 février constitue donc une rupture dans l’état de « quiétude agitée » de l’Algérie et pas simplement parce qu’il a abouti à la démission du président Abdelaziz Bouteflika et à son renoncement de facto à un cinquième mandat. Le premier élément qui caractérise cette rupture est le fait que le mouvement est national. Les émeutes d’octobre 1988 qui touchèrent principalement Alger et ses environs ou les embrasements populaires de Kabylie (1980 et 2001) sans oublier les émeutes de Constantine (1986) furent des événements d’importance qui firent vaciller le pouvoir algérien, l’obligeant à user de la force contre les manifestants. Mais tous furent circonscrits à une ou deux régions, n’ayant pas une force d’entraînement à l’échelle nationale. À chaque fois, les autorités furent capables d’empêcher que ces mouvements ne fassent tache d’huile. En octobre 1988, la violence de la répression et l’usage de la torture dissuadèrent la société algérienne d’aller plus loin dans sa protestation contre le régime en exigeant, par exemple, la démission du président Chadli Bendjedid. Coupable d’avoir ordonné que l’on ouvre le feu sur les manifestants, il fut pourtant réélu en 1989 et c’est sous sa houlette que fut conduite la courte période de transition démocratique qui s’acheva par un coup d’État contre sa personne en janvier 1992.

Contrairement à ce qui s’était produit en 1988, c’est toute l’Algérie qui manifeste depuis le 22 février 2019, y compris dans les localités du sud. Alors que les médias internationaux ont de la peine à restituer fidèlement la réalité du mouvement, le plus souvent parce que les autorités octroient un nombre infime de visas pour la presse étrangère, les réseaux sociaux algériens permettent de prendre la mesure de l’ampleur nationale des manifestations. Des villes comme Bordj Bou Arreridj, Aïn Defla, Mascara ou Khenchela connaissent ainsi d’impressionnants rassemblements humains. Au total, et selon des sources sécuritaires algériennes, le nombre d’Algériennes et d’Algériens qui défilent aux cris de ­« Yetnahaw gua’ » («  qu’ils dégagent tous  ») frôle les 10 millions de personnes, soit presque le quart de la population. C’est du jamais-vu dans l’histoire de l’Algérie indépendante où seule la proclamation de l’indépendance avait jeté la population dans les rues, sans oublier quelques explosions de joie provoquées par les victoires de l’équipe nationale de football (comme ce fut le cas lors de sa qualification pour la coupe du monde de football de 2010 aux dépens de la rivale égyptienne). De manière paradoxale, la décision des autorités de bloquer l’accès des grandes villes chaque vendredi matin, pour empêcher un trop grand afflux de manifestants venus de l’intérieur du pays et des zones rurales, a favorisé l’organisation de marches locales, y compris dans les villages les plus reculés. Partout, les cortèges brandissent l’emblème national mais aussi nombre de slogans et de caricatures défiant le pouvoir et n’épargnant pas le général Ahmed Gaïd Salah. Autre particularité, il n’est pas rare de voir des drapeaux palestiniens ou soudanais dans la foule, comme si les manifestants entendaient rappeler que leur mouvement s’inscrit dans une séquence historique plus large englobant d’autres peuples du monde arabe.

Outre le fait qu’il s’agit de manifestations répétées, notamment les grandes marches hebdomadaires du vendredi, l’autre grand élément caractérisant le hirak est son caractère non violent. Le mot d’ordre « silmiya » (pacifique) revient sans cesse depuis le 22 février. Il constitue une exhortation adressée à la fois aux manifestants qui seraient tentés d’en découdre avec les forces de l’ordre qu’à ces dernières. Il faut d’ailleurs relever que les brigades policières ont le plus souvent fait preuve de retenue, des images diffusées sur les réseaux sociaux montrant même des officiers tançant leurs troupes pour leur manque d’agressivité ou de fermeté. Cette volonté de préserver la paix civile en refusant la confrontation est liée au traumatisme des années 1990. Elle vient aussi du fait que les Algériens ont conscience que les drames syrien et libyen sont nés, au départ, d’une confrontation rapidement devenue violente entre manifestants et policiers. Il est aussi établi que les forces de police ont fait l’objet de pressions de la part du commandement militaire, désireux non seulement d’affaiblir le président et son entourage mais aussi d’éviter un bain de sang. Après avoir tiré sur la foule en octobre 1988 puis s’être engagée dans la «  sale guerre  » des années 1990, l’armée demeure en effet peu désireuse de se salir une nouvelle fois les mains.

Pour autant, rien n’indique que la répression des manifestants ne va pas se durcir. À la mi-mai, les autorités ont clairement démontré leur volonté d’imposer la « feuille de route constitutionnelle » qui doit mener à ­l’organisation d’une élection présidentielle le 4 juillet 2019. En continuant à défiler en masse pour réclamer le report de ce scrutin et la mise en place d’une vraie transition démocratique dédiée à réformer en profondeur le système de pouvoir, les Algériens ont entamé un bras de fer à l’issue incertaine avec le général Ahmed Gaïd Saleh, devenu l’homme fort du sérail.

Une question concernant le hirak du 22 février reste posée. Le projet de cinquième mandat présidentiel étant connu depuis l’automne, même s’il n’avait pas été officialisé, qu’est-ce qui a fait que les Algériens ont soudainement réagi de manière unanime ? Répondre à cette question oblige à considérer à la fois un événement précis et un segment particulier de la population. L’événement a eu lieu le 9 février 2019. Il s’agissait d’un meeting du Fln organisé sur les hauteurs d’Alger à la Coupole Mohammed Boudiaf, une salle omnisports pouvant accueillir plusieurs dizaines de milliers de personnes. C’est là que l’ex-parti unique a proclamé son adhésion à un cinquième mandat, plusieurs de ses dirigeants prononçant alors des discours hagiographiques et flagorneurs à l’adresse d’une photographie encadrée du président, ce dernier ne pouvant être physiquement présent. Cette « allégeance au cadre » comme l’ont surnommée les médias, doublée d’une distribution de sandwichs au cachir, un pâté local, en faveur des «  volontaires  » acheminés en bus des quatre coins du pays pour faire la claque, a indigné les Algériens. Le soir même, les appels à manifester ont fusé sur les réseaux sociaux. Mais ceux qui les ont relayés les premiers sont les jeunes.

Le hirak du 22 février fut d’abord une affaire de jeunesse. On dira que cela n’est point étonnant dans un pays où 70 % de la population a moins de trente-cinq ans. Il n’empêche. C’est parce que les jeunes sont sortis pour dire non à un cinquième mandat que leurs parents mais aussi grands-­parents en ont fait autant. L’échec de la contestation contre un quatrième mandat en 2014, mentionné dans ce qui précède, fut largement dû à un refus de la jeunesse de protester contre celui qu’elle considérait encore comme un dirigeant à qui le pays devait beaucoup. Un jeune né au milieu ou à la fin des années 1990 n’a pas vraiment connu la violence de la «  décennie noire  ». Il a grandi dans un environnement plus apaisé où ses aînés n’ont eu de cesse de lui en parler et de lui expliquer que c’est grâce à Abdelaziz Bouteflika que le pays a retrouvé la paix. Il a aussi grandi dans un contexte économique plutôt favorable, les cours élevés du baril de pétrole permettant au pouvoir de distribuer subventions et crédits à la consommation.

Aujourd’hui, ce jeune a entre vingt et vingt-cinq ans. Grand utilisateur de réseaux sociaux (il existe près de 19 millions de comptes Facebook en Algérie), il a vu monter la grogne des Algériens, symbolisés par les clips rageurs de «  youtubeurs  » dénonçant le chômage endémique de la jeunesse, la corruption généralisée, le mépris pour les clandestins morts en Méditerranée ou l’immobilisme du pouvoir. Sans réelle conscience politique – la vie partisane étant pratiquement morte depuis le premier mandat de Bouteflika –, ce jeune a néanmoins compris d’où venaient les blocages qui empêchent son pays de prendre son envol. Et s’il fréquente les stades où règnent en maîtres les «  ultras  », ces jeunes qui s’inspirent de la culture protestataire, venus des tribunes populaires des stades de Milan, Naples ou Liverpool, il connaît alors par cœur les paroles de «  La Casa del Mouradia  ». Faisant référence à La Casa del papel, une série mettant en scène des gangsters qui attaquent des banques et, à El Mouradia, le palais présidentiel sur les hauteurs d’Alger, ce chant algérois apparu en 2018 dit, entre autres : « Ils [les dirigeants] nous ont eu avec la décennie [noire]. » Une prise de conscience qui a ouvert la voie à un élan populaire historique, les Algériens ayant repris le contrôle de leur espace public, mais dont l’issue reste incertaine.

Akram Belkaïd

Journaliste au Monde diplomatique, il a récemment publié L' Algérie en 100 questions. Un pays empêché ( Tallandier, 2019)

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