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Constitution d'un groupe djihadiste français

La filière Cannes-Torcy

octobre 2018

#Divers

Le procès de 2017 contre une filière djihadiste permet d’interroger les processus qui poussent de jeunes Français à se radicaliser. Marqué par une grande diversité sociale, culturelle et religieuse (avec une moitié de convertis), de multiples ruptures et la délinquance, le groupe constitue une communauté de frères placée sous l’autorité d’un leader charismatique. La religion y joue un rôle d’apaisement avant de sacraliser la violence.

Entre mai et juillet 2017 s’est déroulé à Paris le procès contre ce que l’on a appelé « la filière Cannes-Torcy », du nom des deux villes d’où étaient originaires les vingt et un membres du groupe. Issu de cinq années d’investigations et de dizaines d’interrogatoires, il s’agit d’un des plus importants procès à l’encontre du djihadisme français, la filière Cannes-Torcy préludant aux trois phénomènes qui ont caractérisé le terrorisme au cours de ces dernières années, à savoir les attentats contre les « mécréants », et en particulier les juifs, les attaques contre l’État, notamment les militaires, et les départs en Syrie. Il s’agit d’un procès d’autant plus important qu’on y retrouve la quasi-totalité des facteurs qui ont ensuite caractérisé le djihad en France, des facteurs qui n’y sont pas seulement réunis, mais qui s’y croisent et interagissent dans le cadre d’un groupe particulier de jeunes, très diversifiés par rapport aux origines culturelles, religieuses et sociales. Ce qui nous intéresse ici, c’est justement le groupe, sa construction, son fonctionnement, la fascination qu’il exerce. C’est par l

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Bartolomeo Conti

Chercheur au Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (Cadis) de l’Ehess, il est l’auteur de L’Islam en Italie (L’Harmattan, 2014).

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Le terrorisme djihadiste pose une question de confiance à la démocratie. Comment comprendre que des jeunes soient séduits par cette idéologie et s’engagent dans la violence ? Quel rôle y joue la religion ? Le dossier, coordonné par Antoine Garapon, observe que les djihadistes sont bien les enfants de leur époque. À lire aussi dans ce numéro : Mai 68 en France et en Pologne, le populisme du mouvement 5 étoiles, une critique de l’Université, ainsi que des commentaires de l’actualité politique et culturelle.