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Démocratie, adolescence et djihadisme

Plutôt que d’enfermer et de « déradicaliser » les jeunes djihadistes, il faut entendre la question de confiance qu’ils posent à la démocratie. Dans le vide du pouvoir de la démocratie, l’adolescence est ce temps de crise où l’individu doit se produire lui-même. Il peut être séduit par l’imaginaire totalitaire du djihadisme et sa promesse d’une communauté.

Les démocraties libérales ont pris le parti de se re-garder (se garder à nouveau) dans le miroir du djihadisme. Pour se réfléchir, un miroir peut être utile : face à l’imaginaire de la loi de Dieu, de l’inégalité des statuts et de l’action violente répond celui des droits de l’homme, de l’égalisation des conditions et de l’institutionnalisation de la discussion. Or il n’y a là encore aucune réflexion sur soi, mais ­l’affirmation dogmatique de principes due à la sidération causée par les attentats terroristes, amplifiée par leur traitement médiatique. Comme l’écrivait Hans Blumenberg : «C’est seulement la crise qui essentialise l’existence de l’État; l’état d’urgence est l’occasion pour faire parade de sa légitimation [1].»

Terrorisme, radicalisation, embrigadement, engagement, etc., autant de termes qui ont dessiné les champs d’investigations politiques, socio­logiques et psychologiques, et simultanément o

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Bertrand Mazabraud

Juge des enfants à Paris et chargé d’enseignement en philosophie politique et éthique à l’Institut catholique de Paris, il a publié De la juridicité. Le droit à l’école de Ricœur (Presses universitaires de Rennes, 2017).

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Le terrorisme djihadiste pose une question de confiance à la démocratie. Comment comprendre que des jeunes soient séduits par cette idéologie et s’engagent dans la violence ? Quel rôle y joue la religion ? Le dossier, coordonné par Antoine Garapon, observe que les djihadistes sont bien les enfants de leur époque. À lire aussi dans ce numéro : Mai 68 en France et en Pologne, le populisme du mouvement 5 étoiles, une critique de l’Université, ainsi que des commentaires de l’actualité politique et culturelle.