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« Ventriloquie » d'État à Cuba

juin 2009

#Divers

Les ressources de pouvoir dont dispose l’élite dirigeante à Cuba sont complexes et multiformes. Depuis 50 ans, l’action gouvernementale obéit à des processus de décision dont la population ignore tout, à tel point que personne ne connaît la nature des clivages au sommet de l’État, ni même les intentions politiques des dirigeants dans leur ensemble. Les Cubains se sont habitués à vivre dans un univers opaque, au sein duquel les règles ne sont jamais explicitées et où, susceptibles à tout instant d’être dépossédés de leur capacité stratégique, ils sont contraints à l’anticipation permanente. À cela s’ajoutent les incertitudes liées à la vie quotidienne : la précarité des conditions de vie oblige tout le monde à enfreindre les lois et à manier les faux-semblants, tout en recherchant à travers ragots et rumeurs les éléments permettant de démasquer les « Fouché » du quartier, d’évaluer les prises de risque et d’orienter les activités de débrouille. Peu à peu, l’hermétisme de l’élite dirigeante s’est ainsi imbriqué avec cette appréhension particulière de la réalité sociale, pour façonner un mode d’administration du savoir collectif à partir duquel Fidel Castro continue aujourd’hui dans une certaine mesure d’exercer le pouvoir.

Grammatologie ca

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