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« Il y a de l'ordre et beaucoup de travail » : où va Raúl Castro ?

octobre 2007

Depuis la délégation « provisoire » du pouvoir aux mains de Raúl Castro, les dynamiques sociales qui assuraient déjà la perpétuation du régime cubain n’ont guère évolué. Livrée aux rumeurs et hantée par la perspective du chaos, la population de l’île s’est abandonnée au fantasme de l’ordre et ne perçoit que très confusément les enjeux d’une alternative politique. Plus que tout, les Cubains dans leur ensemble s’intéressent moins aux décisions prises au sommet de l’État qu’ils ne s’investissent dans les stratégies individuelles de « lutte ». Terme ambigu, la lucha désigne toutes les activités, mêlant le légal et l’illégal, qui permettent de « joindre les deux bouts », de maintenir une « combine » lucrative ou de « faire un coup ». En ligne de mire, l’espoir individuel, plus ou moins réalisable, de parvenir à quitter le territoire, l’emporte massivement sur toute recherche collective d’une solution politique.

Dans une telle situation, la moindre initiative de changement semble cantonnée aux hautes sphères du pouvoir, et les intentions de Raúl Castro font l’objet de toutes les spéculations, du moins dans la presse internationale. S’appuyant principalement sur les ré

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