Collège de France
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L'émotion souveraine. Entretien avec Patrick Boucheron

Il y a une histoire politique des émotions : la colère, qui était l’apanage des grands, est dévolue au peuple dans les démocraties modernes. Mais la littérature et les sciences de l’homme se doivent de demander aux colères leurs raisons.

Historien des passions et du pouvoir, Patrick Boucheron n’a jamais séparé son travail de chercheur de la réflexion sur le statut politique de l’histoire. Spécialiste de l’Italie au Moyen-Âge et à la Renaissance, défenseur de l’« histoire du monde », il s’est interrogé sur le rôle des affects dans les représentations du pouvoir. À qui mieux qu’à Patrick Boucheron pouvions-nous demander ce qu’il en est de l’histoire politique de la colère et de sa signification actuelle ?

Esprit – Vos travaux sur le « bon gouvernement » vous ont amené à explorer le champ des affects politiques, en particulier celui de la peur1. D’autres médiévistes s’intéressent aujourd’hui au statut des émotions dans l’histoire. En quoi ces recherch

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Patrick Boucheron

Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe – XVIe siècles ».

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Pour son numéro double de mars-avril, la revue consacre le dossier central à la question des colères. Coordonné par Michaël Fœssel, cet ensemble original de textes pose le diagnostic de sociétés irascibles, met les exaspérations à l’épreuve de l’écriture et se fait la chambre d’écho d’une passion pour la justice. Également au sommaire de ce numéro, un article de l’historienne Natalie Zemon Davis sur Michel de Certeau, qui reste pour le pape François « le plus grand théologien pour aujourd’hui », ainsi que nos rubriques « À plusieurs voix », « Cultures » et « Librairie ».