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Impressions de Chine. L’Europe et l’englobement du monde (XVIe-XVIIe siècle), d'Antonella Romano

mars 2018

#Divers

À l’heure où la Chine s’affirme comme un acteur de premier plan de la mondialisation économique, mais aussi politique et culturelle, Antonella Romano nous fait revenir avec bonheur sur les premiers échanges entre l’Occident et la Chine. Son ouvrage très riche et documenté analyse le travail des missionnaires jésuites qui, dès le milieu du xvie siècle, ont construit le premier savoir européen sur la Chine. En même temps qu’ils rapportaient en Europe leurs observations, leurs cartes des lieux et les textes qu’ils avaient collectés, ces hommes se livraient en Chine à une double mission d’évangélisation et de transmission des savoirs occidentaux.

Les récits de ces missionnaires ont permis ainsi progressivement à l’Europe d’accéder à une nouvelle vision du monde, tant au niveau de la représentation spatiale que de la chronologie historique. Sous leurs plumes, la Chine apparaît comme un pays lettré, disposant de savoirs complexes, notamment dans les domaines des mathématiques et de l’astronomie, et avide de nouvelles connaissances. Si le Nouveau Monde est vu comme une « page blanche », la Chine est au contraire un « palimpseste ». La tâche du missionnaire est de déchiffrer cette langue étrangère afin de pouvoir travailler avec les lettrés chinois et de les conduire, par l’intermédiaire du savoir, à la conversion. Ainsi, Matteo Ricci, missionnaire jésuite, deviendra conseiller scientifique de l’empereur. Dans ses récits, il observe notamment que les carte

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