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La pensée à l'écran : à propos de Hannah Arendt

Vous apprenez qu’un film sur Hannah Arendt va sortir et qu’il n’a rien d’un récit biographique global puisqu’il se concentre sur la période Eichmann, de 1961 à 1965 : les moments précédant le procès, le procès lui-même, et surtout les réactions aux textes publiés dans le New Yorker. Bien plus qu’une simple polémique, une « controverse ». Vous vous réjouissez : la période et le personnage méritent sans l’ombre d’un doute une mise en scène, des spectateurs, une publicité réelle. Vous vous inquiétez, tant les traces laissées par le cinéma peuvent être tenaces : que va-t-il nous offrir ? Quelle image durable, voire définitive, de la philosophe ? Quelle image de la philosophie ? Le film ne risque-t-il pas de figer une interprétation, nécessairement simplificatrice, des concepts majeurs de l’analyse arendtienne ? Que va devenir la banalité du mal ?

La pensée en question(s)

En fonction de l’importance que l’on accorde à toutes ces questions, le soulagement peut être immense : non seulement le film est passionnant et la pensée ne s’y trouve jamais ennuyeuse, mais il évite tous les écueils majeurs ; si nous n’avons aucune g

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Carole Widmaier

Professeure agrégée de philosophie à l’université de Franche-Comté, elle a notamment traduit et édité Hannah Arendt, Qu’est-ce que la politique ? (Seuil,2016).

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