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Position. La guerre écologique

juillet 2013

#Divers

Les écologistes et autres défenseurs de relations plus harmonieuses entre l’humanité et la nature perdent presque systématiquement les batailles qu’ils livrent. Sont-ils pour autant voués à perdre la guerre ? Après plus d’un siècle et demi de défense des espèces, des milieux et de la biosphère, force est de constater que le rapport de force ne leur est pas favorable. La plupart des batailles engagées ont été perdues et les défenseurs de la nature sont en passe de perdre définitivement – ou ont déjà perdu ? – les deux combats majeurs qu’ils livrent encore : la protection du climat et de la biodiversité. Est-ce à dire que la guerre elle-même est perdue ? Pour les écologistes, certainement. En revanche, il en va tout autrement pour la nature. Il est au contraire probable que les batailles gagnées par les hommes dans leur lutte contre la nature les rapprochent d’une défaite inexorable, à la manière de Koutousov remportant la campagne de Russie en raison même de ses batailles perdues ou esquivées contre Napoléon1.

Il en ira en effet de notre combat contre la nature comme de l’agression d’un vaste territoire telle que l’analyse Clausewitz. Ce dernier théorise la supériorité de la

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Dominique Bourg

    Philosophe, son travail est consacré à notre relation à l’environnement et aux questions écologiques, à l’évaluation des choix technologiques et des risques, au débat public et à la démocratie participative. Il est professeur à l'Université de Lausanne (Institut de Géographe et de Durabilité) et membre du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme. Il dirige…

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