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  « Le Poirier sauvage » de Nuri Bilge Ceylan © Nuri Bilge Ceylan films
"Le Poirier sauvage" de Nuri Bilge Ceylan © Nuri Bilge Ceylan films
Dans le même numéro

La foi du puisatier. A propos du Poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan et de Burning de Lee Chang-dong

Les deux films les plus inspirants de la rentrée adaptent un scénario philosophique bien connu, celui de la crise sceptique.

Les deux films les plus inspirants de la rentrée sont des bildungsfilm et des réflexions sur la création artistique qui passent par l’identification de leur auteur à un protagoniste apprenti romancier. Autoportrait de l’artiste (Nuri Bilge Ceylan, Lee Chang-dong) en jeune homme. Leurs héros nous sont présentés à un moment clé de leur existence : à la fin de leurs études littéraires, alors que leurs premiers romans sont encore en gestation. Moment où prime l’expérience du monde, la formation du regard qui fera l’artiste. Peut-être cette focalisation est-elle la clé de l’atmosphère contemplative et abstraite qui plane sur ces films splendides. Tous deux présentés en compétition à Cannes, tous deux injustement ignorés du jury. Par-delà la ressemblance des trajectoires narratives, un détail de mise en scène établit une correspondante souterraine entre ces deux films : ils reposent sur un questionnement explicite du cinéaste sur la foi que l’on peut/doit accorder à ce que nos sens nous rapportent et, en particulier, à ce que l’on voit. Ils empruntent des voies parallèles pour déployer cette interrogation, tout en faisant reposer leur tour scénaristique sur le statut d’un puits ; existant ou pas, visible ou pas, réel ou fantasmatique. Comme si du destin de ce puits dépendait finalement le rapport au monde du protagoniste. Manière d’adapter au cinéma un scénario philosophique bien connu, celui de la crise sceptique, dont Descartes fait le récit dans les Méditations m

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Élise Domenach

Élise Domenach est maîtresse de conférences, habilitée à diriger des recherches, en études cinématographiques à l’École normale supérieure de Lyon. Elle a récemment dirigé L’écran de nos pensées. Stanley Cavell, la philosophie et le cinéma (ENS Éditions, 2021). Elle est également l’autrice de Le paradigme Fukushima au cinéma. Ce que voir veut dire (2011-2013), à paraître chez Mimesis en avril…

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L’hostilité djihadiste

Le terrorisme djihadiste pose une question de confiance à la démocratie. Comment comprendre que des jeunes soient séduits par cette idéologie et s’engagent dans la violence ? Quel rôle y joue la religion ? Le dossier, coordonné par Antoine Garapon, observe que les djihadistes sont bien les enfants de leur époque. À lire aussi dans ce numéro : Mai 68 en France et en Pologne, le populisme du mouvement 5 étoiles, une critique de l’Université, ainsi que des commentaires de l’actualité politique et culturelle.