Photo : Nathan Dumlao
Dans le même numéro

L'Université, entre connaissance et intérêt ?

Pour un dialogue critique

L’Université est en crise mais, contrairement au discours victimaire dominant, ses acteurs participent du "nouvel ethos néolibéral", renforcent les positions dominantes acquises et refusent de mener à bien leur auto-analyse collective.

L’Université est en crise. Une crise qui se lit comme un symptôme parmi d’autres d’un essoufflement économique structurel. En réalité, cette situation est le produit d’un choix de société. La rhétorique qui brandit le spectre de la crise financière pour justifier les réductions budgétaires, les suppressions de postes ainsi que la dévalorisation des inutiles et peu rentables sciences humaines et sociales est bien plutôt la conséquence d’un changement de paradigme opéré en amont.

Toutefois, si ces choix réalisés à une échelle plus globale sont indéniablement à l’origine des transformations subies par le monde universitaire, notre propos n’est pas de relayer la vision dichotomique qui oppose trop souvent l’Université au reste de la société, rejetant toute la faute sur cette dernière. L’Université est partie prenante de la société. Aussi notre intention est-elle de démêler le discours victimaire dominant et de montrer comment ses acteurs participent de la situation dans laquelle elle se trouve aujourd’hui. Au lieu d’entretenir l’illusion d’un monde académique détaché du contexte social et politique et tout entier dévoué à la science, il nous

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Éloïse Adde

Éloïse Adde est post-doctorante à l’Université du Luxembourg. Historienne, spécialiste de la Bohême médiévale, elle propose une archéologie de l’idée de Nation. Elle est l’auteur de La Chronique de Dalimil (Sorbonne, 2016).

Dans le même numéro

Le terrorisme djihadiste pose une question de confiance à la démocratie. Comment comprendre que des jeunes soient séduits par cette idéologie et s’engagent dans la violence ? Quel rôle y joue la religion ? Le dossier, coordonné par Antoine Garapon, observe que les djihadistes sont bien les enfants de leur époque. À lire aussi dans ce numéro : Mai 68 en France et en Pologne, le populisme du mouvement 5 étoiles, une critique de l’Université, ainsi que des commentaires de l’actualité politique et culturelle.