Mémorial du génocide de Srebrenica
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Outrage aux victimes

Le prix Nobel décerné à Peter Handke offense la mémoire des victimes du nationalisme serbe.

Nul ne conteste l’immense talent d’écrivain de Peter Handke. Cependant, le prix Nobel de littérature qui doit être remis à Stockholm, en présence du roi de Suède, le 10 décembre 2019, à l’auteur d’Outrage au public et de Toujours la tempête blesse la conscience de tous ceux et celles qui ont souffert des exactions du nationalisme serbe. Dès son annonce le 10 octobre, les protestations se sont multipliées face à cette décision dont le lauréat s’est montré le premier surpris.

Exposées dans Un voyage hivernal vers le Danube, la Save, la Morava et la Drina ou Justice pour les Serbes (1996), maintes fois reprises dans diverses déclarations et jamais reniées depuis, ses prises de position face aux guerres en ex-Yougoslavie, fussent-elles drapées de tournures équivoques, ne laissent guère planer le doute sur son empathie avec les agresseurs. Il n’a cessé de cautionner les allégations de l’ancien président Slobodan Milošević, inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, selon lesquelles le peuple serbe serait la victime majeure de ces conflits. Ces sorties publiques lui ont valu de se voir refuser le prix Heinrich Heine qui devait lui être attribué en 2007 par la ville

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Emmanuel Wallon

Professeur de sociologie politique à l’université Paris Nanterre, il a notamment dirigé l'ouvrage Scènes de la critique. Les mutations de la critique dans les arts de la scène (Actes Sud, 2015).

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Suite à la crise des Gilets jaunes, ce dossier, coordonné par Jean-Louis Schlegel et Jacques-Yves Bellay, décrit une France en archipel de bassins de vie : certains fragiles et relégués, d’autres attractifs et dynamiques. À lire aussi dans ce numéro : la révolution tunisienne, la tragédie du Venezuela et l’esprit du christianisme.