L'armée d'Houlagou Khan attaque Bagdad (1258). | Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits, Division orientale, Supplément persan 1113, fol. 180v-181
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Des armes à la compréhension

Vers une résolution culturelle de la violence en Irak

mars 2021

L’Irak a connu treize siècles de conflits identitaires, que la création de l’État moderne n’a pas su endiguer. Et si la voie de résolution de cet engrenage de violence n’était pas à chercher dans la politique, mais dans la culture ?

Septembre 2012, le gouvernement irakien organise un grand congrès à Bagdad consacré au rôle que pourraient jouer les intellectuels dans la réconciliation nationale. Les débats et les discussions y sont particulièrement riches. Cependant, le gouvernement n’adopte aucune des recommandations formulées. Il abandonne même un projet très prometteur, développé pendant les journées du congrès par les intellectuels de deux des villes les plus symboliques d’un point de vue religieux en Irak depuis 2003, à savoir Al-Najaf et Al-Anbar. Cette charte présentait des stratégies possibles pour renforcer la paix entre les habitants et la rendre durable partout dans la société irakienne.

Genèse d’un problème culturel

Il semblait évident pour les intellectuels, participants ou non à la charte d’Al-Najaf et Al-Anbar, que le problème de la violence trouvait ses racines dans l’« héritage culturel ». C’est le regard que portent nombre d’Irakiens sur les autres cultures qui doit être interrogé. En ce qui concerne les clivages actuels que subit l’Irak, il est admis que les sources des conflits identitaires remontent à la période de divergence entre les courants et les écoles théologiques de l’islam, c’est-à-dire entre le viie et le viiie siècle. L’Irak a alors été marqué par une prolifération de pensées et de croyances diverses avant de devenir le théâtre de conflits sanglants causés par cette divers

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Faris Harram

Faris Harram est poète, auteur de théâtre et co-fondateur en 2003 du mouvement « Najeem » (les survivants) pour l’art et la culture. Après des études de philosophie à l’Université de Kufa à Nadjaf, il a présidé l’Union des écrivains de cette région. Il est aujourd’hui lecteur d’arabe à l’Université des études internationales de Shanghaï.  …

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On oppose souvent science et croyance, comme si ces deux régimes de discours n’avaient rien de commun. Pourtant, l’expérience nous apprend que c’est généralement quand l’un des deux fait défaut que l’autre subit une crise. Dans le contexte pandémique actuel, l’incapacité des experts et des gouvernants à rendre compte dans l’espace public des conditions selon lesquelles s’élaborent les vérités scientifiques, aussi bien qu’à reconnaître la part de ce que nous ne savions pas, a fini par rendre suspecte toute parole d’autorité et par faciliter la circulation et l’adhésion aux théories les plus fumeuses. Comment s’articulent aujourd’hui les registres de la science et de la croyance ? C’est à cette question que s’attache le présent dossier, coordonné par le philosophe Camille Riquier, avec les contributions de Jean-Claude Eslin, Michaël Fœssel, Bernard Perret, Jean-Louis Schlegel, Isabelle Stengers. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Irak, les monopoles numériques, les enseignants et la laïcité, et l’écocritique.