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Le tirage au sort, un et multiple. Introduction

août/sept. 2011

#Divers

Aristote considérait le tirage au sort comme la procédure principale, quoique non exclusive, d’une démocratie. Dans sa typologie des régimes politiques, en effet, le vote caractérisait l’aristocratie et l’hérédité la monarchie. Ce qui nous semble étrange aujourd’hui était évident pour l’observateur des cités antiques. Les jugements portés sur la procédure étaient partagés : Socrate (selon Platon) la trouvait absurde ; Protagoras et Périclès probablement la défendaient ; Aristote pesait le pour et le contre. L’usage était controversé mais il l’était pour autant que la démocratie était critiquée et non pas comme procédure en tant que telle. La démocratie appelle le tirage au sort comme procédure, pensait-on. Plus généralement encore, Aristote constatait que le tirage au sort démocratise n’importe quel type d’organisation, de même que le vote l’aristocratise et que l’hérédité la monarchise.

Le vote néanmoins était primordial dans la démocratie athénienne, mais il l’était dans deux registres : pour voter les lois à l’Assemblée du peuple et pour désigner les stratèges, lesquels étaient les approximatifs équivalents de nos ministres. Dit en langage d’aujourd’hui : le peuple de la démoc

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Gil Delannoi

Spécialiste de l'histoire des idées et de la pensée politique (CEVIPOF, Sciences Po Paris), il se consacre aux formes de délibérations démocratiques, sans se limiter à la sphère institutionnelle parlementaire. C'est pourquoi il travaille sur le sujet du tirage au sort comme nouvelle pratique démocratique. Il s'inquiète aussi de l'accélération des sociétés contemporaines et de ses effets sur notre…

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