Dans le même numéro

Pour un bon usage du référendum

Aujourd’hui, le référendum est évoqué partout, mais très peu pratiqué et, de façon positive, presque nulle part. Ainsi, David Cameron, pour coincer les autonomistes écossais, leur propose un référendum du tout ou rien : l’indépendance ou le statu quo, une manière de les tenter mais aussi de radicaliser l’enjeu afin d’effrayer les électeurs. Le Premier ministre britannique renouvelle la manœuvre à propos du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Le procédé est censé permettre d’obtenir des privilèges britanniques dans les négociations européennes, contenir l’aile antieuropéenne au sein du parti conservateur et freiner la montée du parti nationaliste Ukip.

Bref, les référendums sont utilisés à des fins de dissuasion et non comme procédures habituelles. Les gouvernants les considèrent comme des armes de destruction massive tournées contre leurs opposants et, presque aussi souvent, susceptibles d’être retournées contre eux-mêmes. Durant la campagne présidentielle française de 2012, les principaux candidats (sauf un) ont promis le recours au référendum. C’était seulement pour attirer les électeurs et faire oublier qu’ils ne l’avaient pas utilisé quand ils en avaient eu l’occasion. Le président Hollande n’a

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Gil Delannoi

Spécialiste de l'histoire des idées et de la pensée politique (CEVIPOF, Sciences Po Paris), il se consacre aux formes de délibérations démocratiques, sans se limiter à la sphère institutionnelle parlementaire. C'est pourquoi il travaille sur le sujet du tirage au sort comme nouvelle pratique démocratique. Il s'inquiète aussi de l'accélération des sociétés contemporaines et de ses effets sur notre…

Dans le même numéro

Flux tendu, stock zéro: la révolution du conteneur

Le Havre, Marseille, Tanger Med et les nouvelles routes maritimes

L'Amérique et la France vues de l'océan