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Penser la complexité

décembre 2016

#Divers

Les violences de la fondation de l’islam sont-elles effacées par les juristes qui sacrifient l’idéal d’une société juste au profit de l’unité d’une communauté asservie au pouvoir ?

Dans plusieurs de ses textes, Alain Roussillon (1952-2007), éminent spécialiste de l’Égypte et de la vie intellectuelle arabe, se plaignait de la rupture qu’il observait entre les études sur l’islam et celles menées par des politistes, notamment français, sur l’islamisme1. Roussillon savait bien entendu que l’islamisme, fait politique récent, était distinct de l’islam comme religion, droit et doctrine d’État largement codifiés au cours d’une histoire longue de quatorze siècles. Mais il était également conscient qu’on ne pouvait comprendre la naissance, les mutations et les ramifications vertigineuses de l’islamisme en ignorant la religion dont il tirait son nom.

Il n’est pas inutile d’ouvrir ce dossier en rappelant que la généalogie de ce courant remonte au tournant du xxe siècle, voire à la fondation des Frères musulmans en 1928 par Hassan al-Banna (1906-1949). Comme nombre d’aut

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