John Rawls, DR
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La richesse et la justice

John Rawls et l'économie politique

Le mouvement des Gilets jaunes force à repenser l’articulation par Rawls de la richesse et de la justice sociale. En effet, une société juste ne peut être fondée sur une organisation inefficace des conditions d’existence.

Les sociétés contemporaines sont incontestablement malades ; le mot «populisme» ne suffit pas pour établir un diagnostic, mais il en résume commodément certains symptômes. En France, ce phénomène a pris la forme spectaculaire des Gilets jaunes. On a parfois parlé de soulèvement parce que ces manifestations ne correspondaient en rien à la forme traditionnelle du mouvement social. Leur caractère spontanéiste, le refus de tout leadership, l’addition de revendications hétéro­clites, la faiblesse des ressorts idéologiques, rien de tout cela n’est conforme aux représentations et aux modes d’action qui ont marqué l’histoire sociale du xxe siècle. Le pouvoir a été pris au dépourvu et a fait face comme il le pouvait. Mais l’organisation novatrice d’un «grand débat national» n’a pas suffi à cacher qu’il colmatait la brèche en ouvrant les vannes budgétaires. L’argent, en tout cas, fut, sous toutes les formes, au cœur du malaise exprimé sur les ronds-points : l’argent privé, si abondant au sommet et si scandaleusement mal réparti ; l&rs

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Jacques Mistral

Directeur d'études économiques à l'Ifri, il vient de publier La science de la richesse (Gallimard, 2019).

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Le dossier estival de la revue Esprit, coordonné par Camille Riquier, fait l’hypothèse que le monde capitaliste a substitué l’argent à Dieu comme nouveau maître invisible. Parce que la soif de l’or oublie le sang des pauvres, la communauté de l’argent est fondée sur un abus de confiance. Les nouvelles monnaies changent-elles la donne ? Peut-on rendre l’argent visible et ainsi s’en rendre maître ?