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  Jean-Luc Nancy  en 2010 · Photo : Georges Seguin (Okki) via Wikimédia
Jean-Luc Nancy en 2010 · Photo : Georges Seguin (Okki) via Wikimédia
Dans le même numéro

L’esprit du communisme et son destin

Après l’effondrement du communisme soviétique, Jean-Luc Nancy a été sensible à la permanence d’une demande de communauté. En effet, cette dernière n’est pas une œuvre à produire, mais l’expérience d’une résistance.

« La communauté est, en un sens, la résistance même : la résistance à l’immanence1. »

Un navire coule à pic. Sur ce qui reste visible de sa coque, on peut lire une inscription tracée à la peinture noire en caractères cyrilliques, sur un bandeau blanc courant depuis la proue : « Horizon ». Ce probable photomontage faisait la couverture de la première édition de La Comparution (1986)2. Mise en scène d’un désastre : ce sont les années de la chute du communisme « réel », c’est-à-dire prétendument « réalisé ». La décennie 1980, avant la chute du Mur, fut celle de la remise en perspective de cet « horizon » du marxisme et du communisme, déclaré indépassable par Jean-Paul Sartre3. Gdansk, la Charte 77 et la Kolyma suffisent à rappeler le moment initial qui déchaîna une crise allant jusqu’à priver le politique de son sol même.

La demande de communauté

« Le témoignage le plus important et le plus pénible du monde moderne, celui qui rassemble peut-être tous les autres témoignages que cette époque se trouve chargée d’assumer, en vertu d’on ne sait quel décret ou de quelle nécessité (car nous témoignons aussi de l’épuisement de la pensée de l’Histoire), est le témoignage de la dissolution, de la dislocation ou de la

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Jean-Loup Thébaud

Jean-Loup Thébaud est philosophe. Il a notamment travaillé sur Jan Patocka et a publié une discussion avec Jean-François Lyotard, Au juste (Christian Bourgois, 2006).

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Retrouver la souveraineté ?

L’inflation récente des usages du mot « souveraineté », venue tant de la droite que de la gauche, induit une dévaluation de son sens. Dévaluation d’autant plus choquante à l’heure où, sur le sol européen, un État souverain, l’Ukraine, est victime d’une agression armée. Renvoyant de manière vague à un « pouvoir de décider » supposément perdu, ces usages aveugles confondent souvent la souveraineté avec la puissance et versent volontiers dans le souverainisme, sous la forme d’un rejet de l’Union européenne. Ce dossier, coordonné par Jean-Yves Pranchère, invite à reformuler correctement la question de la souveraineté, afin qu’elle embraye sur les enjeux décisifs qu’elle masque trop souvent : l’exercice de la puissance publique et les conditions de la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les banlieues populaires ne voteront plus, le devenir africain du monde, le destin du communisme, pour une troisième gauche, Nantes dans la traite atlantique, et la musique classique au xxie siècle.