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Quels espaces pour la démocratie ?

août/sept. 2013

#Divers

La démocratie est toujours associée à l’idée de l’agora, de l’espace clos de la cité dans lequel le peuple délibère, en particulier en période de crise de la représentation, lorsque celle-ci apparaît comme une usurpation. Ce retour à l’agora, cependant, peut se faire aussi bien sur le mode d’une démocratie fermée et xénophobe que sur celui d’une réappropriation concrète de l’espace public : c’est à ces deux mouvements que l’on assiste aujourd’hui.

Un lien originel relie la démocratie à l’espace1. La démocratie renvoie en effet à l’idée ou à l’image du peuple assemblé sur l’agora. Le peuple approuve ou désapprouve les propositions des orateurs politiques ou des magistrats, il choisit parfois ceux-ci, il délibère et vote à main levée. Il y a là une couche profonde de l’expérience politique, grecque, au sens de la polis, comme cadre originel de la démocratie.

On peut sans doute chercher un lien plus « originel » encore dans la constitution même de la cité. Heidegger notait ainsi dans ses séminaires sur Hegel :

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Jean-Claude Monod

Philosophe, il s'intéresse en particulier aux rapports entre politique et religion, ainsi qu'à l'articulation entre démocratie et pouvoir, notamment dans l'interrogation qui est au coeur de son livre, Qu'est-ce qu'un chef en démocratie? Politiques du charisme (Paris, Seuil, 2012).

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