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Photo : David Watkis via Unsplash
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Dans le même numéro

Le devenir africain du monde, une utopie ambiguë

mars 2022

L’idée selon laquelle l’Afrique est l’avenir du monde – frontière du capitalisme ou utopie salutaire – est illusoire et renvoie à une mystique de la communauté qui élude toute émancipation.

Il y a bien longtemps, Gérard Chaliand douchait des espérances déjà malmenées par le réel, en dénonçant les « mythes révolutionnaires du tiers monde1 ». La croyance d’alors dans les potentialités de transformation du monde par les révolutions sud-américaines et, à un moindre degré, arabes, suscite désormais des sourires entendus, mi-contrits, mi-nostalgiques. L’Afrique subsaharienne n’avait guère fait rêver. Lumumba était mort trop tôt. L’expérience du Che avait tourné court au Congo2 où les hommes de celui qui allait devenir le président Laurent-Désiré Kabila étaient plus avides de femmes et de bière que de victoires. Les désillusions des indépendances étaient bien vite devenues manifestes, et l’une des expériences qui avait suscité le plus d’espoirs, l’Ujamaa de Julius Nyerere, avait tristement échoué. Mais une nouvelle petite musique résonne désormais à nos oreilles, à travers ouvrages, interviews, et tribunes : le devenir du monde serait africain3.

Dernière frontière du capital, ou porte de sortie du néolibéralisme ?

Curieusement, l’idée selon laquelle l’Afrique est l’avenir du monde est partagée par ceux qui voient dans le continent la dernière frontière du capitalisme, et par ceux qui espèrent y trouver des inspirations pour sortir du néol

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François Giovalucchi

Ancien agent de l’ AFD et du Trésor, François Giovalucchi exerce les fonctions de conseiller économique et d'enseignant associé à l'université catholique de Madagascar.

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Retrouver la souveraineté ?

L’inflation récente des usages du mot « souveraineté », venue tant de la droite que de la gauche, induit une dévaluation de son sens. Dévaluation d’autant plus choquante à l’heure où, sur le sol européen, un État souverain, l’Ukraine, est victime d’une agression armée. Renvoyant de manière vague à un « pouvoir de décider » supposément perdu, ces usages aveugles confondent souvent la souveraineté avec la puissance et versent volontiers dans le souverainisme, sous la forme d’un rejet de l’Union européenne. Ce dossier, coordonné par Jean-Yves Pranchère, invite à reformuler correctement la question de la souveraineté, afin qu’elle embraye sur les enjeux décisifs qu’elle masque trop souvent : l’exercice de la puissance publique et les conditions de la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les banlieues populaires ne voteront plus, le devenir africain du monde, le destin du communisme, pour une troisième gauche, Nantes dans la traite atlantique, et la musique classique au xxie siècle.