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«Traces du sacré» au Centre Pompidou

Controverse

« Traces du sacré » au Centre Pompidou

Dans la Revanche des émotions. Essai sur l’art contemporain1, Catherine Grenier a intitulé deux chapitres « Pierre Huyghe, Manifeste de l’inachèvement » (p. 119-133) et « Maurizio Cattelan, Vivre vite » (p. 134-142). Il ressort de cette présentation que ces deux artistes encore jeunes (ils n’ont pas cinquante ans) restent dans un pur cadre d’immanence, celui des contradictions et des désorientations de la condition contemporaine marchant « cul par-dessus tête ». Rien n’oriente l’interprétation vers un « sacré », a fortiori vers une transcendance, même s’il est question de mort et de tragique (à conjurer). Au contraire, le scandale, devenu chez Cattelan « mode d’accès privilégié à l’impensé et aux pulsions refoulées », est ici opposé à celui de Pasolini, censé « réactiver le sacré ». Catherine Grenier veut manifestement éviter le sociologisme et le culturalisme qui inscriraient platement ces créations dans les incertitudes et les « forclusions du présent ». Il n’est pas sûr qu’elle y parvienne entièrement, ma

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Jean-Louis Schlegel

Philosophe, éditeur, sociologue des religions et traducteur, Jean-Louis Schlegel est particulièrement intéressé par les recompositions du religieux, et singulièrement de l'Eglise catholique, dans la société contemporaine. Cet intérêt concerne tous les niveaux d’intelligibilité : évolution des pratiques, de la culture, des institutions, des pouvoirs et des « puissances », du rôle et de la place du…

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