Chine : des menaces sur la prospérité ?


La Chine a aujourd’hui retrouvé sa place sur la scène internationale, et est souvent présentée comme la grande puissance du xxie siècle. Pourtant, l’augmentation des salaires, la dégradation de l’environnement, la montée des mécontentements remettent en question son modèle de croissance, et en danger le parti communiste, qui, agité par l’affaire Bo Xilai, pris par les affaires de corruption et la sélection obscure de ses dirigeants, ne semble toujours pas prêt à mettre en place des réformes politiques.

En février 2011, le PIB de la Chine a dépassé celui du Japon pour faire d’elle la deuxième économie du monde. En janvier 2012, pour la première fois de sa longue histoire, la population urbaine a passé le cap des 50 % de la population totale. Reconnue comme la puissance montante du xxie siècle, louée pour son taux de croissance, appelée au secours par les plus grandes puissances de la planète pour relancer l’économie mondiale, la République populaire apparaît au sommet de sa puissance. Le parti communiste peut se targuer d’avoir rendu au vieil empire la place centrale qu’il occupait dans le monde avant que l’Occident, avec l’épisode de la Renaissance puis de la révolution industrielle, ne la lui vole pour quelque temps. Il pourrait donc se féliciter d’avoir enfin réussi à réaliser le rêve de tous ceux qui se sont succédé à la tête de l’empire du Milieu depuis qu’en 1840, lors de la première guerre de l’opium, les canonnières britanniques l’avaient forcé à s’ouvrir sur le monde : faire de la Chine un pays prospère et puissant militairement (fuguo qiangbing). Et depuis quelque temps, la République populaire n’hésite plus à affirmer sa présence dans le monde, et notamment dans la mer de Chine méridionale, au risque d’effrayer des voisins asiatiques et de les pousser dans les bras des États-Unis. De même, elle a réagi violemment aux initiatives japonaises sur les îles Diaoyu/Senkaku, que les deux pays revendiquent.

Par ailleurs, la Chine, qui reste la première destination des investissements occidentaux, a commencé, depuis quelques années, à investir elle-même au-delà de ses frontières, non seulement pour se procurer des matières premières (comme en Australie, au Canada et naturellement en Afrique, notamment au Soudan) mais aussi pour créer des usines ou racheter des entreprises en Europe1 et en Amérique. Quelle revanche pour le colosse aux pieds d’argile des années 1930 ! Pourquoi alors, devant de tels succès remportés au moment où l’Europe s’enfonce dans la crise et où les États-Unis s’inquiètent de leur déclin, voit-on s’installer une tension extrême au sommet de l’appareil ?

Pourquoi avoir éprouvé le besoin de condamner Liu Xiaobo – un intellectuel indépendant qui s’est contenté d’écrire des textes critiques et de lancer des pétitions demandant la démocratisation du régime – à onze ans de prison pour « incitation à la subversion du pouvoir socialiste2 » ? Pourquoi, lorsqu’un appel à organiser une « révolution du jasmin » a été lancé par d’obscurs militants pour la plupart installés à l’étranger, le régime a-t-il répondu par une mobilisation policière sans précédent dans toutes les grandes villes du pays ? Doute-t-il à ce point de sa légitimité qu’il considère la moindre expression populaire comme une menace mortelle ?

De fait, depuis un peu plus de trente ans, le Parti communiste chinois (Pcc) est engagé dans un processus sans précédent : comment moderniser l’économie et la société chinoises sans être contraint, comme son homologue soviétique, à abandonner le pouvoir ? Comment éviter que l’amélioration du niveau de vie et de l’éducation de l’ensemble de la population n’aboutisse à une revendication forte de participation politique, ou, en d’autres termes, à une exigence de démocratie ? Comment à la fois profiter des retombées économiques du développement de l’internet sans en subir les conséquences en termes de liberté d’expression ? En somme, comment assurer la transition socio-économique sans qu’elle s’accompagne d’une transition politique ? À première vue, le Pcc n’est pas particulièrement bien équipé pour y parvenir.

Un parti marqué par la clandestinité

Le Parti communiste chinois, fort de ses 82 millions de membres, au pouvoir depuis soixante-trois ans, continue de se comporter comme une organisation clandestine qui pratique le culte du secret. Ainsi, ce n’est que très tardivement que la date du 18e congrès, un événement essentiel qui a vu un renouvellement historique de sa direction, a été rendue publique ; le nombre de membres du comité permanent du bureau politique, son organe suprême, est resté confidentiel jusqu’à la proclamation officielle de la liste, donnant lieu à un nombre incroyable de rumeurs. Non seulement le Pcc ne met même pas en scène un simulacre de démocratie en désignant au moins deux candidats au poste suprême3, mais il affirme clairement qu’il n’y a aucune compétition ouverte. Même la liste des candidats au comité central, théoriquement en nombre supérieur à celui des postes, n’a pas été rendue publique, et l’on n’a pas su qui en avait été évincé ni pourquoi. Comme par le passé, c’est donc à l’issue de tractations totalement obscures qu’ont été sélectionnés les nouveaux dirigeants.

Et, bien entendu, lorsque les sept heureux élus ont fait leur apparition sur la scène suivant une chorégraphie bien établie, la presse a fait état de l’approbation unanime du peuple, malgré les commentaires désabusés des internautes et la déception des observateurs de ne voir que des conservateurs proches de l’ancien président Jiang Zemin (86 ans).

Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce que la capitale et l’internet aient été envahis par des milliers de rumeurs plus ou moins crédibles. Ainsi lorsque, début septembre, Xi Jinping, le successeur pressenti de Hu Jintao, a annulé des entretiens avec des visiteurs étrangers, des rumeurs de coup d’État, d’attentat, de maladie grave ont circulé. Le goût du secret provoque donc une fâcheuse instabilité qui dessert le parti lui-même. Mais ce n’est pas le seul élément de continuité avec l’époque maoïste.

Dans un pays où personne ne croit plus à l’idéologie officielle, les dirigeants s’acharnent à l’« enrichir ». Ainsi, le congrès a ajouté à la charte du parti un nouveau mantra, « le point de vue du développement scientifique4 », géniale création du camarade Hu Jintao, qui vient s’ajouter à la « théorie de Deng Xiaoping », à « l’importante pensée des trois représentativités » chère à Jiang Zemin et, bien sûr, au marxisme-léninisme-pensée Maozedong. On attend avec impatience le nouveau concept que Xi Jinping créera pendant son mandat.

Les difficultés de l’institutionnalisation de la succession

Le 16 novembre 2012, on a enfin vu apparaître les sept membres du comité permanent du bureau politique. Parmi eux, quatre sont des poulains de l’ancien secrétaire général Jiang Zemin, qui est apparu aux côtés de Hu Jintao tout au long du congrès. Ce qui prouve que la politique des vieillards a encore de beaux jours devant elle. Hu Jintao ayant abandonné la présidence de la commission militaire du comité central à Xi Jinping, de nombreux observateurs en ont conclu que le processus de succession était désormais institutionnalisé et que la Chine avait réussi à surmonter l’une des plus grandes difficultés auxquelles sont confrontés les régimes post-totalitaires. Pourtant, les péripéties dignes d’un mauvais roman policier de ce que l’on appelle aujourd’hui « l’affaire Bo Xilai » sont venues rappeler que les luttes de factions peuvent remettre en question les accords auxquels les faiseurs de roi parviennent en coulisses. Aujourd’hui comme du temps de Mao, l’opacité des processus de décision fait la part belle au factionnalisme, cette plaie des régimes de parti unique.

L’affaire Bo Xilai et le renouveau du néomaoïsme

Dans la nuit du 6 au 7 février 2012, la fuite au consulat américain de Chengdu de Wang Lijun, l’homme lige du numéro un de la municipalité de Chongqing, Bo Xilai, a éclaté comme un coup de tonnerre5. Les Américains lui ayant refusé l’asile politique, c’est la commission centrale de la discipline du Parti qui l’a emmené et, on imagine, interrogé. Deux mois plus tard, Bo Xilai, bien placé pour entrer au comité permanent du bureau politique au 18e congrès, était exclu du bureau politique, puis en septembre du comité central et du parti, et à l’heure où nous écrivons, il attend son procès pour corruption. En a-t-on tiré une quelconque leçon politique ? Apparemment non.

Comme tous les partis léninistes, le Parti communiste chinois refuse de reconnaître les tendances en son sein. Pourtant, il est tout à fait inconcevable qu’une organisation comptant 82 millions de membres qui gouverne un pays de plus d’un milliard trois cents millions d’habitants puisse être parfaitement unie autour d’une seule ligne politique. Même si le parti n’est pas une expression parfaite de la diversité de la société chinoise, il est inévitable que les différences régionales, les oppositions sociales, les groupes d’intérêts divergents y soient représentés et s’y affrontent. Car, depuis le lancement des réformes en 1978, le développement effréné d’une économie de marché dominée par une forme de capitalisme bureaucratique (crony capitalism) a abouti à une grande diversification des intérêts que le parti est bien obligé de prendre en considération. L’image d’Épinal présentée lors des défilés anniversaires de la fondation de la République populaire, réaffirmée lorsque, pour ses soixante ans (2009), la société rêvée a défilé derrière la limousine de Hu Jintao, ne résiste pas une seconde à l’observation, et n’importe quelle discussion avec des membres du parti montre l’extrême diversité des opinions et des analyses qui existent à l’intérieur même de l’appareil. Pourtant, l’une des plus graves crises internes depuis 19716 n’est pas traitée comme un événement politique, mais comme une simple « violation de la discipline », à laquelle vient s’ajouter une sordide affaire de droit commun. À l’heure où les rumeurs les plus folles se retrouvent sur weibo, le microblog chinois, où, malgré la censure, les discussions sur les positions politiques des divers chefs de faction enthousiasment les foules, les dirigeants continuent de se comporter comme si la Chine n’avait pas changé.

Changer de modèle de développement ?

Ce n’est toutefois qu’une apparence. En effet, de plus en plus d’éléments montrent qu’ils sont conscients de la nécessité de fournir des réponses nouvelles à une crise qui s’approche à grands pas : peut-on continuer de fonder la croissance sur l’exportation alors que le pays commence à ressentir les effets de la crise qui frappe l’Occident ? Jusqu’à quel point peut-on ignorer la dégradation de l’environnement ?

En 2015, la population active commencera à diminuer. L’un des atouts principaux de la Chine, l’abondance de main-d’œuvre bon marché, va donc s’effacer. Mais les facteurs démographiques n’expliquent pas tout : d’une part, les milliards de yuans déversés dans le cadre de la politique de développement de l’ouest lancée en 2000 par Jiang Zemin et les 40 trillions de yuans d’investissement affectés par l’État à la lutte contre la crise en 2008 ont créé des emplois dans les régions dont sont originaires les artisans du « miracle » chinois. Pourquoi s’exiler dans des zones côtières où l’on est mal logé, mal traité, où les prix sont élevés, si l’on peut trouver un emploi, même moins bien rémunéré, dans sa région d’origine ? L’autre raison tient à l’évolution de la société : les ouvriers de la deuxième génération ne sont pas prêts à accepter les conditions de travail et de salaire qu’acceptaient leurs parents. Mieux éduqués (souvent titulaires du baccalauréat), plus au fait des réalités mondiales grâce à l’internet et à la télévision, ils demandent à être mieux payés et mieux logés. En outre, ils n’hésitent pas à se mettre en grève pour faire aboutir leurs revendications, comme l’ont montré les mouvements sociaux qui, depuis 2010, se sont multipliés7. Quand ils ne font pas grève, ils votent avec leurs pieds et, depuis trois ans, les entrepreneurs se plaignent de l’instabilité de la main-d’œuvre. Ce qui est vrai des usines l’est aussi des services : les jeunes travailleurs vont chercher ailleurs lorsque les conditions de travail ne leur conviennent pas. Or, c’est justement au moment où les mouvements sociaux se multipliaient qu’est intervenue la crise financière qui a provoqué un ralentissement des exportations chinoises.

Certains dirigeants se sont alors posé la question de la nécessité de monter en gamme : si la Chine ne peut plus compter sur un réservoir inépuisable de main-d’œuvre taillable et corvéable à merci, elle doit évoluer vers un modèle fondé sur un apport plus important de valeur ajoutée. Au Guangdong, où le développement à tout prix a causé des dégâts immenses à l’environnement, la population, à mesure qu’elle s’enrichit, est de plus en plus inquiète : on ne compte plus les mouvements de protestation contre la pollution des cours d’eau, l’empoisonnement des terres, etc. Les dirigeants en sont conscients et, lorsqu’il a pris la direction de la province en 2007, Wang Yang n’a pas éludé ce problème. Il a cherché à attirer des « talents » dans la province en leur proposant de bons salaires et un environnement amélioré. L’idée était de « délocaliser » les industries de main-d’œuvre vers l’intérieur du pays et de faire du Guangdong une sorte de Hong Kong de la Chine du Sud. Depuis un an, Wang affirme qu’il ne faut pas avoir les yeux fixés sur l’augmentation du Pib, et qu’il faut prendre en compte l’« indice de bonheur intérieur ». Évidemment, un tel changement ne peut pas s’effectuer rapidement et il ne va pas sans soulever des objections, notamment de la part des dirigeants du centre et de l’ouest du pays.

Investissements et corruption

Du reste, il semble bien que les dirigeants centraux n’aient pas l’intention d’abandonner le critère de l’augmentation du Pib pour promouvoir les cadres. Ainsi, pour répondre à la crise, ils ont recouru à des investissements massifs mais pas toujours productifs, et surtout, guère respectueux de l’environnement. Ceux-ci n’ont cependant pas suffi à empêcher le ralentissement de la production industrielle. Bien sûr, et ce n’est pas négligeable, ils ont permis de maintenir le taux de croissance du Pib aux alentours de 7 à 8 %, et avec lui un nombre de créations d’emplois suffisant pour éviter une augmentation massive du chômage, mais une partie importante de ces subventions a eu pour conséquence une accélération de la corruption qui provoque à son tour un fort mécontentement dans la population. En effet, les dirigeants locaux s’en servent souvent pour renforcer leur pouvoir en distribuant des prébendes.

Surtout, ces injections massives de capitaux ont considérablement renforcé les entreprises d’État au détriment des entreprises privées, qui avaient connu un développement important à la fin du xxe siècle. Mais cette économie d’État n’est toutefois pas une économie publique, et nombre des dirigeants auxquels elle a permis de s’enrichir cherchent à mettre leurs biens à l’abri. La fuite massive de capitaux8, le départ à l’étranger des familles de hauts dirigeants (la fille de Xi Jinping fait ses études à Harvard sous un nom d’emprunt) sont aujourd’hui des phénomènes courants. Un rapport de l’Académie des sciences sociales de Chine affirmait récemment qu’entre le milieu des années 1990 et 2008, 18 000 cadres du Parti avaient fait sortir de Chine des capitaux atteignant une somme de 800 milliards de yuans (100 milliards d’euros), cette somme étant beaucoup plus élevée selon d’autres sources9. On ne peut que s’inquiéter de cette évasion massive qui en dit long sur l’absence de confiance des couches privilégiées elles-mêmes dans la durabilité du régime.

Dans le même temps, les inégalités s’aggravent. Le revenu moyen des citadins est 3, 3 fois supérieur à celui des ruraux, et 110 millions de personnes vivent avec moins de 1, 25 dollar par jour. L’emballement des inégalités et l’évasion des capitaux expliquent le développement du nationalisme et le renouveau du maoïsme dont le prince de Chongqing, Bo Xilai, avait compris tout l’intérêt qu’il pouvait en tirer.

Comment répondre à la crise ? Une réponse de « gauche »

Au cours des cinq dernières années, on a assisté à un renouveau du maoïsme, dont le meilleur représentant était Bo Xilai. Fils de Bo Yibo, un proche de Mao puis de Deng Xiaoping qui poussa à la répression du mouvement de Tiananmen en 1989, Xilai est un représentant typique des « princes », ces fils de l’aristocratie du régime. Il s’est d’abord illustré par ses liens privilégiés avec les investisseurs étrangers lors de son passage à la tête de la municipalité de Dalian, puis au ministère du Commerce extérieur. Ils appréciaient cet homme souriant, élégant, parlant couramment l’anglais. Lorsque au 17e congrès, il n’est pas parvenu à entrer au comité permanent et a été exilé dans la municipalité de Chongqing, il a entrepris de se distinguer pour préparer son retour. Chongqing est l’une des villes du « troisième front », ces régions de l’intérieur où Mao, tirant les leçons de la Seconde Guerre mondiale, avait décidé de développer l’industrie lourde, surtout militaire, pour pouvoir résister au cas où l’Union soviétique envahirait la Chine par l’est. Pendant les années 1990, elle a été durement frappée par le démantèlement des entreprises d’État10. Lorsque Bo Xilai en a pris la direction, elle comptait une importante population d’ouvriers mis à pied vivotant avec une retraite misérable, ce qui entretenait une forte nostalgie de la grande époque de Mao ; d’autant plus que les citadins étaient outrés par l’arrogance des nouveaux riches qui se pavanaient dans des restaurants luxueux tandis que la prostitution connaissait un développement sans précédent. Bo Xilai, en bon politicien populiste, a compris le profit qu’il pouvait tirer de cette situation et a lancé sa politique de « chanter rouge, frapper le noir » (chanter des chansons révolutionnaires des années 1960 et s’attaquer aux mafias, en chinois « société noire ») qui lui a valu une immédiate popularité. Surtout qu’en même temps, il lançait un grand programme de construction de logements sociaux.

Pour « lutter contre le noir », il a instauré un système de terreur, envoyant en rééducation par le travail ceux qui se permettaient de le critiquer sur l’internet, et allant jusqu’à arrêter l’avocat de l’un des « parrains » pour collaboration avec un criminel, et à le condamner à dix-huit mois de prison en janvier 2010. Ces pratiques ont provoqué un tollé non seulement parmi les libéraux, mais même chez les dirigeants du parti soucieux d’instaurer un minimum de respect des lois. Elles ressemblaient en outre à des pratiques de chef de bande11, car, en même temps qu’il frappait les « mafieux » locaux, Bo protégeait des hommes d’affaires du nord-est qui l’avaient suivi dans son nouveau poste.

Mais Bo ne s’est pas contenté de lancer des politiques populistes. Il s’est également entouré d’intellectuels de la nouvelle gauche qui allaient partout dans le pays vanter le « modèle de Chongqing ». Bo se construisait une image de dirigeant fort et original, imposant aux cadres municipaux la lecture mensuelle d’opuscules concoctés par ses services de propagande (et des intellectuels) comportant des citations de philosophes chinois classiques, de Marx et Lénine naturellement, mais aussi de Montesquieu et des philosophes des Lumières. Et le succès était au rendez-vous : six sur neuf des membres du comité permanent sont venus faire l’éloge de sa direction. Profitant de ses relations parmi les fils de hauts dirigeants civils et militaires, il a commencé à bâtir une coalition. Il entretenait notamment des relations étroites avec Liu Yuan, le fils du président Liu Shaoqi, alors promis aux plus hautes fonctions12. Son style, plus proche du politicien populiste occidental que du bureaucrate du parti, lui attirait une popularité indéniable, et pas seulement en Chine. Ainsi, en juin 2011, Henry Kissinger a visité Chongqing et fait l’éloge de son dirigeant après avoir assisté à un spectacle où 100 000 personnes chantaient des chansons rouges. C’en était trop pour la direction du parti ; un dirigeant local n’a pas à se mettre ainsi en avant. L’affaire Wang Lijun a fourni le prétexte idéal pour mettre un terme à la carrière d’un politicien considéré comme un peu trop ambitieux.

Mais le succès de Bo Xilai révèle qu’aujourd’hui, en Chine, on trouve un terreau favorable au discours maoïste, notamment parmi les anciens ouvriers des entreprises d’État qui ont souffert de la politique de réforme. On l’avait déjà vu lors des grèves qui avaient agité le nord-est du pays à la fin des années 1990. L’aggravation de la polarisation sociale, l’arrogance des nouveaux riches, souvent des cadres ou des membres de leur parentèle qui ont profité de la privatisation des entreprises publiques (la Chine est aujourd’hui le marché principal des Ferrari dans le monde) ont favorisé une recrudescence de la nostalgie de l’époque maoïste, lorsque (dans le souvenir des personnes concernées) tout le monde était égal, les cadres étaient dévoués, la pauvreté également partagée. Même des jeunes qui n’ont pas connu cette période en sont nostalgiques ; c’est notamment le cas de nombre de supporters de la nouvelle gauche. Le succès des sites maoïstes comme Utopia (fermé depuis le limogeage de Bo Xilai), les manifestations hebdomadaires à Zhengzhou autour de portraits de Mao, la présence de ceux-ci dans les récentes manifestations contre le Japon montrent que le néomaoïsme trouve des soutiens dans une population désorientée.

Une réponse « libérale » : négocier avec la société ?

C’est à cette source qu’a puisé Bo Xilai, et c’est sans doute l’une des raisons qui expliquent sa chute. Car ce renouveau du maoïsme inquiète les dirigeants du parti les plus éclairés et c’est ainsi que, lors de sa conférence de presse de clôture de la session de l’Assemblée populaire nationale en mars, le Premier ministre Wen Jiabao a déclaré :

Sans le succès de la réforme du système politique… une tragédie historique comme la Révolution culturelle pourrait à nouveau se produire… Tous les membres et les cadres du parti doivent avoir un sens de l’urgence13.

On aurait alors pu croire que le limogeage de Bo Xilai donnerait lieu à une campagne contre le néomaoïsme, et renforcerait les partisans d’un dialogue avec la société. Ceux-ci s’étaient en effet manifestés à la fin 2011, en la personne de Wang Yang, le secrétaire du comité du parti du Guangdong (et prédécesseur de Bo à Chongqing), qui apparaissait comme l’anti-Bo Xilai. C’est à l’occasion d’un conflit de la terre comme il s’en produit régulièrement en Chine, que Wang a mis en avant sa politique. En septembre 2011, les habitants de Wukan ont manifesté contre le secrétaire du comité du parti de leur village, l’accusant d’avoir détourné des fonds qui leur étaient destinés. Celui-ci a fait appel à la police armée, et lors des affrontements qui ont suivi, l’un des leaders de la protestation est mort. Cela a provoqué un regain de manifestations en décembre, et, alors que le secrétaire du parti du village avait à nouveau fait appel à la police armée, le comité du parti du Guangdong a délégué un vice-secrétaire, Zhu Mingguo, qui a entamé une négociation avec les protestataires.

La conscience publique de la démocratie et de l’égalité et des droits ne cesse de se renforcer dans la société, et les revendications qui y correspondent se développent, a-t-il déclaré14.

Le comité provincial a accepté les revendications des villageois et a promis que des élections libres au comité du village se tiendraient en février. C’est ce qui s’est effectivement passé, et le leader de la protestation a été élu chef de village. Il est depuis devenu aussi secrétaire de la cellule du parti. L’« expérience de Wukan » a été louée par le Quotidien du peuple, et elle est révélatrice d’une attitude nouvelle de la part de dirigeants du parti : en temps normal, en effet, ceux-ci n’acceptent jamais de négocier avec les leaders d’un mouvement de protestation, de peur d’encourager la contagion. De même, on n’a pas souvent vu des dirigeants provinciaux organiser des élections vraiment libres dans un village où une grave crise s’était produite. Mais Wang Yang a montré qu’il tenait à cette ligne en déclarant :

La délégation dirigée par le vice-secrétaire du comité du parti du Guangdong Zhu Mingguo n’avait pas seulement pour but de résoudre les problèmes du village, mais aussi d’établir un critère de référence pour la gouvernance des villages dans tout le Guangdong15.

Les intellectuels libéraux, les partisans de la reconnaissance de la société civile par le pouvoir, ceux qui, tel le sociologue Sun Liping, affirment que seule la création de canaux institutionnalisés d’expression des mécontentements permettra de maintenir ce qu’un autre sociologue, Yu Jianrong, appelle une « stabilité dynamique », ont fait l’éloge de l’expérience de Wukan16.

Ainsi, on aurait pu croire qu’au moment où le néomaoïsme de Bo Xilai s’effondrait, le parti promouvrait la ligne de dialogue avec la société de Wang Yang. Il n’en a rien été, et le modèle de Wukan semble bien oublié. Par Wang Yang lui-même, du reste, puisqu’il ne l’a plus mentionné depuis février, et s’est concentré sur la lutte contre la corruption, considérée depuis le 18e congrès comme l’une des tâches principales du parti.

La défaite de Bo Xilai n’a pas conduit Hu Jintao à adopter une politique d’ouverture vis-à-vis de la société, ni à reconnaître l’existence de lignes différentes au sein du parti. Il a préféré poursuivre sa politique de maintien de la stabilité afin qu’aucun incident ne vienne troubler les derniers mois de son règne.

Une société qui change

Pourtant, au cours de la décennie écoulée, la population chinoise a montré qu’elle était de plus en plus consciente de ses droits. Les manifestations paysannes contre l’insuffisance des compensations versées par des cadres souvent corrompus se sont multipliées dans tout le pays. Les protestations collectives contre la dégradation de l’environnement, notamment la pollution des eaux causée par l’industrialisation à tout prix qui permet aux cadres d’obtenir des promotions et à leur famille de s’enrichir, sont de plus en plus nombreuses. Nous avons vu que les jeunes ouvriers n’hésitent plus à se mettre en grève pour obtenir des augmentations de salaire.

Même les classes moyennes, pourtant bénéficiaires de la politique du parti, font éclater périodiquement leur mécontentement face à l’arbitraire des dirigeants et à l’absence de respect des lois. Les protestations contre le lait maternisé contaminé avaient mobilisé une grande partie d’entre elles en 2008, et depuis, on a assisté à de fortes mobilisations contre l’installation d’usines polluantes dans les grandes villes : protestations contre une usine chimique à Dalian, contre une usine pétrochimique à Ningbo. Le gouvernement a beau assurer que ces projets sont sans danger et nommer des commissions d’enquête, les manifestants ne le croient pas et, dans ces deux derniers cas, ils ont eu gain de cause.

Depuis quelque temps, on voit également se multiplier les manifestations d’anomie qui, là aussi, traduisent l’absence totale de confiance des citoyens dans leurs gouvernants. L’affaire de Weng’an, en 2008, en est une bonne illustration : une jeune fille a trouvé la mort en tombant dans le fleuve17. Une rumeur s’est répandue selon laquelle elle avait été violée par le fils du principal responsable de la police locale, et en quelques heures, une dizaine de milliers de personnes est descendue dans la rue et a mis le feu au siège du gouvernement municipal. Autre cas du même genre : à Huizhou, au Guangdong, une foule de travailleurs migrants a attaqué les bâtiments du gouvernement et brûlé des voitures de police parce qu’ils accusaient des gardes de sécurité employés par les autorités d’avoir tué un chauffeur de moto-taxi. Ces émeutes à répétition sont symptomatiques des tensions qui règnent entre les citoyens et le pouvoir.

En même temps, la généralisation des microblogs, le fameux weibo, a donné à la société un moyen d’expression sans précédent. Aujourd’hui, l’information circule, et dès qu’une émeute se produit, les internautes la filment sur leur téléphone portable et la postent sur weibo. Bien sûr, la censure a fait des progrès, et l’on ne compte plus les « mots sensibles » (min’gan zi) qui provoquent l’effacement automatique du tweet. Mais les 538 millions d’internautes font preuve d’une imagination et d’un sens de l’humour qui déroutent les censeurs, mettant à profit les nombreuses homophonies de la langue chinoise. Ainsi, le terme shibada (18e congrès), interdit par la censure, a été remplacé par Sipata (Sparte). Ce développement de l’humour dénote certainement un degré d’impuissance, mais il montre également que les citoyens n’acceptent plus passivement la censure. Avec une population sans cesse plus consciente de ses droits, de plus en plus méfiante à l’égard de ses dirigeants, le parti pourra-t-il poursuivre efficacement sa politique de « maintien de la stabilité » ?

L’emballement de la corruption

C’est d’autant improbable que, face au développement des inégalités, on assiste à un emballement de la corruption qui atteint les couches les plus élevées du pouvoir. Bo Xilai, l’idole de la nouvelle gauche, n’a pas été accusé d’avoir lancé un renouveau du maoïsme, mais d’avoir commis de « graves violations de la discipline », d’avoir « reçu d’énormes pots-de-vin » et d’avoir « entretenu des relations sexuelles impropres avec un grand nombre de femmes ». Le discours officiel montre qu’il n’était qu’un hypocrite qui, derrière ses beaux discours, accumulait une fortune, envoyait son fils étudier à Harrow, l’une des écoles de l’aristocratie britannique, et couvrait les agissements criminels de sa femme, la fille d’un général de l’Armée populaire de libération. Bon moyen de le délégitimer aux yeux de ses partisans. Mais les révélations ne s’arrêtent pas là. Au mois de juin déjà, Bloomberg avait publié une enquête sur la fortune de la famille de Xi Jinping, montrant que celle-ci avait accumulé des avoirs équivalant à des centaines de millions de dollars. Quelques semaines après la dénonciation de Bo Xilai, le New York Times ébranlait la Chine avec un article détaillant la manière dont la famille du « Premier ministre du peuple » Wen Jiabao avait accumulé une fortune de 2, 7 milliards de dollars. Que peuvent penser les simples citoyens quand celui-ci affirme que « les dirigeants à tous les niveaux du gouvernement devraient… s’assurer strictement que les membres de leur famille, leurs amis et leurs proches subordonnés n’abusent pas de l’influence du gouvernement18 ». Les dirigeants du Pcc sont bien conscients que la corruption est l’un des facteurs qui a causé la chute du Kuomintang en 1949 et le rapport du 18e congrès a affirmé que la lutte pour son élimination était la tâche primordiale du parti.

Pourtant, les groupes d’intérêt constitués autour des dirigeants n’ont pas l’intention de se sacrifier pour maintenir le pouvoir du parti. Les luttes qui ont déchiré le sommet de l’appareil depuis un an, les révélations à répétition montrent qu’ils ne sont plus prêts à respecter le contrat que leur avait imposé Deng Xiaoping au lendemain du 4 juin 2012 : éviter que les luttes internes mettent en danger le régime.

Pendant les dix années de pouvoir de Hu Jintao, cet âge d’or au cours duquel la République populaire a accédé au rang de grande puissance incontournable sur la scène internationale, et le peuple chinois a atteint la fameuse « petite prospérité » (xiaokang) promise par Deng Xiaoping au début des années 1980, les problèmes se sont accumulés. L’absence de toute réforme politique d’envergure n’a-telle pas conduit le parti à se scléroser ? Parlera-t-on un jour du règne de Hu et Wen comme de celui de Brejnev, celui de la « stagnation » ?

Réformer ou mourir ? Réformer et mourir ?

Le dilemme auquel sont confrontés les nouveaux dirigeants a été bien résumé par l’historien de la Chine moderne Zhang Ming : ils ont le choix entre attendre la mort ou chercher la mort. Comparant la période actuelle à celle de la fin des Qing (début du xxe siècle) ou de celle de la fin de la République (1945-1949), Zhang décrit les dangers qui les attendent. Face à la crise qui ne cesse de s’aggraver, ils peuvent soit « attendre la mort » en cherchant par tous les moyens à maintenir la stabilité – le choix de Hu Jintao, clairement affirmé depuis son deuxième mandat et récemment remis en cause par Wang Yang19 –, soit « chercher la mort », en lançant une réforme politique qui risque de provoquer l’effondrement du régime, risque bien réel comme l’a montré l’expérience de Gorbatchev. Les mises en garde de Wang Yang ne semblent pas lui avoir attiré le soutien des faiseurs de roi puisqu’il n’est pas entré au comité permanent. Ils ont sans doute été plus convaincus par l’ancien vice-Premier ministre Wang Qishan, nouveau responsable de la commission de contrôle de la discipline depuis son entrée au comité permanent : celui-ci a fait lire l’Ancien régime et la révolution de Tocqueville aux dirigeants suprêmes. La conclusion qu’il en tire est que toute tentative de réforme risque d’aboutir à l’effondrement du régime et qu’il vaut donc mieux être prudent. La présence d’une majorité de conservateurs à la tête du parti semble montrer que c’est cette lecture de la situation qui a eu le dessus.

La nouvelle direction

Le comité permanent du bureau politique, et plus encore le bureau politique, est composé de personnes qui appartiennent à une génération bien différente de celle de Hu Jintao et Wen Jiabao. Alors que ceux-ci étaient de purs produits de la période la plus stalinienne du régime, des ingénieurs ayant eu un parcours sans anicroches dans le parti, leurs remplaçants ont connu les vicissitudes de la Révolution culturelle. Quatre sur sept ont été envoyés à la campagne comme jeunes instruits, souvent dans des conditions très difficiles, comme Xi Jinping, et, à l’instar de nombre de membres de leur génération, ils ont vu que la réalité était bien différente de ce que leur avait enseigné la propagande. Ils ont fait leurs études pendant les années 1980, une période de grande ouverture intellectuelle, et certains comme Wang Qishan ou Li Keqiang ont participé aux divers mouvements qui ont marqué cette époque. Auront-ils le courage de lancer une réforme du système politique ? Il est trop tôt pour le dire, mais les premiers signes ne sont pas très encourageants. Xi Jinping ne dispose pas d’un charisme particulier, il n’est que le primus inter pares et, dans ces conditions, le gouvernement par consensus continuera d’entraver la prise d’initiatives courageuses. Les premières déclarations des nouveaux dirigeants, qui appellent le peuple à lutter contre la corruption, ne sont guère innovantes : et nulle part il n’est fait mention de la création d’institutions de contrôle, de libération de la presse pour atteindre ce but. Au contraire, Xi a fait appel au style de travail des cadres et leur a rappelé la nécessité de « servir le peuple » dans la meilleure tradition maoïste.

On peut cependant espérer un certain nombre d’initiatives dans des domaines périphériques. Il semble que l’on se dirige vers l’abolition (ou au moins vers une profonde transformation) de la rééducation par le travail, qui permet à la police de priver un citoyen de liberté sans jugement pour une période de trois à quatre ans. Une campagne lancée par des avocats défenseurs des droits20 et la libération de victimes de ces mesures ont montré l’arbitraire de cette peine. La presse officielle a commencé à la critiquer21, ce qui est bon signe. Ce serait un progrès significatif pour les libertés fondamentales.

Mais il est fort peu probable que ces améliorations conduisent les nouveaux dirigeants à prendre des initiatives significatives dans le domaine de la réforme du système politique.

  • *.

    Directeur de recherche au Cnrs. Voir dans Esprit, « La crise financière en Chine : une divine surprise ? », novembre 2009.

  • 1.

    « En 2011, la Chine a plus investi en Europe que l’inverse », Le Monde, 19 novembre 2012.

  • 2.

    Pour les œuvres de Liu Xiaobo, voir la Philosophie du porc et autres essais, Paris, Gallimard/Bleu de Chine, 2011 et Vivre dans la vérité, Paris, Gallimard/Bleu de Chine, 2012.

  • 3.

    À Hong Kong, les dirigeants communistes savent mieux vendre leur système : ainsi ont-ils choisi deux candidats (qui leur étaient favorables) au poste de chef de l’exécutif, acceptant même, en 2012, qu’un opposant, certain de ne pas être élu, se présente à l’élection.

  • 4.

    « Décision du 17e congrès sur (l’amendement) de la Charte du Parti », Quotidien du peuple (Renmin ribao), 4 novembre 2012.

  • 5.

    Brice Pedroletti, « L’affaire qui dévoile les luttes de clans en Chine », Le Monde, 10 février 2012.

  • 6.

    En septembre 1971, le successeur désigné de Mao Zedong était mort dans un accident d’avion après avoir, selon les sources officielles, tenté d’assassiner le Grand Timonier.

  • 7.

    Jean-Philippe Béja, « La nouvelle classe ouvrière renouvelle le répertoire des luttes sociales », Perspectives chinoises, 2011, no 2, p. 3-10.

  • 8.

    Un rapport récent cité par Reuters affirme que l’évasion de capitaux a atteint 3 800 milliards de yuans entre 2000 et 2011, voir “Dirty Money Cost China $3.8 trillion 2000-2011: report”, 25 octobre 2012.

  • 9.

    « Haiwai tanwu » (Corruption outre-mer), Zhongguo jingji zhoukan (China Economic Weekly), 4 juin 2012, no 22, http://paper.people.com.cn/zgjjzk/html/2012-06/04/content_1064433.htm?div=-1

  • 10.

    Voir le film de Jia Zhangke, 24 Hour City (2008).

  • 11.

    En dix mois, 4 871 personnes ont été condamnées pour crime organisé, et les autorités n’ont pas hésité à recourir à la torture. Voir Sharon La Franière et Jonathan Ansfield, “Bo Xilai’s China Crime Crackdown Adds to Scandal”, New York Times, 26 mars 2012.

  • 12.

    Liu Yuan a payé sa proximité avec Bo puisqu’il n’a pas été promu à la commission militaire centrale lors du 18e congrès.

  • 13.

    Shi Jiangtao, “Premier Wen Chides Chongqing”, Scmp, 15 mars 2012.

  • 14.

    “Wukan Protest Shows Rights Demands on Rise, Official Says”, Scmp, 27 décembre 2011.

  • 15.

    “Wukan Protest Shows Rights Demands on Rise, Official Says”, art. cité.

  • 16.

    Voir notamment, Sun Liping, « Wukan montre la voie vers un modèle de gouvernement pacifique », Zhongguo gaige, février 2012, repris par Boxun, 19 février 2012, http://boxun.com/news/gb/pubvp/2012/02/201202191846.shtml

  • 17.

    Réflexions inspirées par l’« Affaire de Weng’an », dans Liu Xiaobo, la Philosophie du porc et autres essais, op. cit., p. 403-414.

  • 18.

    Cité par Sam Crane, “Has Wen Jiabao Failed the Confucius Test?”, The Useless Tree, 26 octobre 2012, http://uselesstree.typepad.com/useless_tree/2012/10/has-wen-jiabao-failedthe-confucius-test.html

  • 19.

    C’est le danger que pointait Wang Yang récemment en expliquant « que si l’on ne réforme pas, on se retrouvera dans la situation de la grenouille bouillie dans l’eau tiède : une fois qu’elle se réveille, elle n’a pas d’issue », Nanfang xinwen wang 13 septembre 2012, http://gcontent.oeeee.com/f/fc/ffc7ad29e9362b82/Blog/961/52a376.html, http://gcontent.oeeee.com/f/fc/ffc7ad29e9362b82/Blog/961/52a376.html

  • 20.

    Pu Zhiqiang, « Pour l’abolition des camps de rééducation par le travail », Le Monde, 26 septembre 2012.

  • 21.

    Brice Pédroletti, « La libération de Ren Jianyu nourrit les appels à l’abolition des camps de rééducation chinois », Le Monde, 23 novembre 2012.