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Wikimédia, sommet BRICS en 2015
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Xi Jinping ou le retour du totalitarisme

décembre 2020

Grâce à sa campagne anti-corruption, à son offensive contre les ONG, les religions et les minorités nationales, et à son culte de la personnalité, Xi Jinping a renforcé son pouvoir sur le Parti et l’empire du Parti sur la société.

Au début de l’année 2020, tous les regards se sont tournés vers la Chine où un nouveau virus faisait des ravages. Il aura fallu attendre plus d’un mois pour qu’elle informe le monde qu’une pandémie risquait de se développer. Les pays occidentaux ont dénoncé le silence de Pékin et sont restés bouche bée devant les mesures ultra-contraignantes adoptées par le Parti communiste chinois (PCC). Dix mois plus tard, alors que la France est reconfinée et que la pandémie semble vaincue en Chine, avec un nombre de morts relativement faible, on se rend compte que les gouvernements démocratiques ont recouru à des mesures semblables à celles qui avaient été adoptées par le PCC, et que notre système de santé est toujours menacé par une pandémie que nous sommes incapables de contenir. Des voix s’élèvent pour affirmer qu’en cas de crise grave, les régimes autoritaires sont bien plus efficaces que les démocraties.

Mais quelle est la nature du régime politique chinois ? Pendant des décennies, les hommes politiques, mais surtout les hommes d’affaires occidentaux ont affirmé que ce système léniniste se transformerait sous l’influence du marché, de l’ouverture sur le monde extérieur et du développement économique. Selon cette théorie, l’apparition de classes moyennes favoriserait la diversification des demandes, la concurrence développerait le libre choix des consommateurs et ces phénomènes se transmettraient à la vie politique. Une nouvelle génération de citoyens exigerait d’avoir son mo

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Jean-Philippe Béja

Jean-Philippe Béja est un politologue, sinologue et directeur de recherche au CNRS, ainsi qu’au CERI. Il a notamment écrit À la recherche d’une ombre chinoise, Le mouvement pour la démocratie en Chine (1919-2004) (Éditions du Seuil, 2004).

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Source d’inquiétude autant que de fascination, la Chine continue de représenter une énigme. Le socialisme « aux couleurs de la Chine » conjugue en effet un capitalisme sauvage avec un pouvoir centralisé dans une synthèse politique inédite. Le dossier explore le nouveau souverainisme, le pouvoir numérique, le rapport aux minorités et la gestion de l’épidémie. À lire aussi : projet de danger perpétuel, du fanatisme à la radicalité, la dissidence discrète de Marc Fumaroli, pour une philosophie de la préhistoire et la controverse Kundera.