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Eschyle et le visage des noyés

Le roi d’Argos, face au choix qui lui est donné d’offrir l’hospitalité ou de la refuser, avoue : «Je ne sais que faire; l’angoisse prend mon cœur; dois-je agir ou ne pas agir? […] J’ai besoin d’une pensée profonde qui nous sauve.» Ainsi, dans Les ­Suppliantes d’Eschyle[1], Pélasgos craint-il la «souillure» que pourrait rejeter, sur la cité qu’il gouverne, ­l’accueil de cinquante princesses «barbares» en fuite et en danger de viol collectif, voire d’extermination. Les jeunes femmes sont accompagnées de leur père et de cinquante suivantes : une interminable et encombrante caravane du désespoir.

Qu’est-ce donc un Noir ?

La seule pensée profonde qui sauve, ce sera celle du peuple, à qui Pélasgos laisse le choix et l’entière responsabilité de statuer et d’ouvrir ou non la cité à l’inconnu et au désordre inévitable d’une telle adoption. Peuple qui, au mitan de la pièce et hors scène – Eschyle veut que le s

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Jérôme Hankins

Traducteur et metteur en scène, il enseigne désormais à la Faculté des Arts de l'Université Jules Verne ( Picardie), après avoir soutenu une thèse sur Edward Bond.

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Dans un dossier sur « Le soulèvement algérien », coordonné par Hamit Bozarslan et Lucile Schmid, Esprit salue un mouvement non violent de revendication démocratique qui vise à en terminer avec un régime autoritaire et corrompu. Le souci de dignité permet aux Algériens de renouer avec leur conscience historique. À lire aussi dans ce numéro : un entretien avec Karol Modzelewski, un hommage à Pierre Hassner et une philosophie de l’événement.