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Photo : Dennis Kummer - Paris vu du ciel
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Demain, la ville

Pour qui fait-on la ville aujourd’hui ? À l’heure des partenariats public-privé, du désengagement de l’État dans la vie de la Cité et d’une orientation managériale des affaires politiques du pays, ce qu’on observe est inquiétant. Partout, les villes sont fracturées : selon des critères économiques, selon des orientations idéologiques et selon la couleur de peau. C’est ici une ville qui se privatise et là se disjoint ; qui ici ­s’embourgeoise et là périclite ; se touristise ici mais là se meurt. Dans cette nouvelle configuration territoriale, trois pôles urbains se constituent : les centres historiques des métropoles habités par les catégories sociales supérieures ; les quartiers régulés par les activités économiques, que la langue néolibérale appelle «  pôles de compétitivité  » ; et les territoires de la relégation, enfin, qui abritent ­l’underclass. Quant aux villes françaises les plus riches (Paris et Lyon principalement, mais ce processus se poursuivra à moyen terme à Lille, Nantes, Toulouse ou Bordeaux), elles sont quasiment aux mains de trois acteurs qui en organisent désormais l’espace public : les promoteurs immobiliers, les banquiers et les investisseurs économiques.

Ceux qui imaginaient que le développement du Grand Paris allait démocratiser le territoire francilien ont fait preuve de naïveté.

Dans ce contexte de régression démocratique, que reste-t-il de la ville publique ? Elle est de moins en moins cet endroit s

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Hacène Belmessous

Chercheur indépendant, il a récemment publié Les laboratoires de la haine (Demopolis, 2019).

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À l’occasion de la rétrospective consacrée à Chris Marker par la Cinémathèque française, le dossier de la revue Esprit revient sur les engagements de celui qui en fut un collaborateur régulier. Propres à une génération forgée par la guerre, ces engagements sont marqués par l’irrévérence esthétique, la lucidité politique et la responsabilité morale. À lire aussi dans ce numéro : Jean-Louis Chrétien sur la fragilité, les défis du numérique à l’école et les lectures de Marx en 1968.

 

Pour aller plus loin, découvrez une sélection de textes écrits par Chris Marker dans Esprit entre 1946 et 1951 : Chris Marker, cinéaste-chroniqueur