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Hegel, Kierkegaard et l'ironie contemporaine

L’ironie est avant tout un jeu sur le langage, qui moque sa déconnexion d’avec le réel. L’ironiste, s’il ne propose pas de vision du monde alternative à celle qu’il critique, peut dès lors apparaître, ce que dénonce Hegel, comme en surplomb, occupé uniquement par lui-même. Mais il peut aussi être humble, et se contenter, comme le fit Socrate selon Kierkegaard, de débusquer les trop grandes certitudes à travers l’ignorance et le doute.

Tout comme la philosophie commence par le doute, de même une vie digne, celle que nous qualifions d’humaine, commence par l’ironie.

Kierkegaard, le Concept d’ironie

Parodies, pastiches, caricatures, imitations : notre époque semble consacrer les doubles discours. Les dénonciations de la démocratie contemporaine insistent souvent sur ces mises en scène où la société se donne l’illusion d’entretenir une distance avec elle-même. Faute de pouvoir articuler une critique du présent, on l’amène à se répéter jusqu’à l’absurde. Sur le terrain médiatique, l’analyse de la société semble avoir déserté le champ du savoir pour rejoindre le ton des humoristes qui, pour amuser le public, se contentent de laisser se dire un « réel » auquel plus personne ne croit.

Parmi ces pratiques de la distanciation, l’ironie constitue pourtant une attitude qui invalide, pour une part, les jugements hâtifs sur la crise moderne de l’autorité. Dans son procédé le plus ordinaire, l’ironie est un jeu avec le langage : elle consiste à exprimer le contraire de ce que l’on pense

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Michaël Fœssel

Philosophe, il a présenté et commenté l'oeuvre de Paul Ricoeur (Anthologie Paul Ricoeur, avec Fabien Lamouche), a coordonné plusieurs numéros spéciaux de la revue, notamment en mars-avril 2012 "Où en sont les philosophes ?". Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit.  Il est notamment l'auteur de L'Équivoque du monde (CNRS Éditions, 2008), de La Privation de l'intime (Seuil, 2008), État de

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