Parlement polonais - CC BY-SA 3.0 pl Wikimédia
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Trois visions du bon changement

Le gouvernement du parti Droit et justice (PiS), mélange de mesures sociales, d’autoritarisme et de nationalisme, fait de la Pologne le mouton noir de l’Europe. Mais de nombreux partis européens tentent de récupérer un mécontentement général contre les politiques néolibérales des trente dernières années, que l’on peut comprendre comme une demande démocratique.

La victoire du parti Droit et justice (PiS), conduit par Jarosław Kaczyński, a marqué un tournant dans l’histoire politique de la Pologne après 1989. Les observateurs occidentaux l’ont interprétée diversement. Par exemple, ils ont fait de l’aventure et de la stratégie de ce parti un exemple assez fidèle de la définition du populisme formulée par Jan-Werner Mueller[1] (prétention à la représentation exclusive du peuple, définition essentielle de la communauté nationale, moralisation du conflit politique). De même, le message politique et le cadre des conflits définis par le PiS ont été décrits comme un élément de la contre-révolution antilibérale européenne décrite par Jan Zielonka[2]. En ce sens, les gouvernements du PiS seraient partie prenante d’une rébellion plus large contre l’ordre international, économique et juridique qu’avait instauré en Europe centrale la révolution pacifique de 1989. Néanmoins, avant de comparer les caractéristiques du discours politique représenté par le PiS, il semble plus pertinent d’établir ici un diagnostic exact des sources locales de sa victoire et du soutien dont il continue de bénéf

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Michał Sutowski

Politologue, traducteur, il a publié L’Année du bon changement (Krytyka ­Polityczna, 2016).

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Coordonné par Jean-Yves Potel, le dossier analyse le succès du gouvernement du Parti Droit et justice (PiS) en Pologne. Récupérant un mécontentement semblable à celui que l'on perçoit ailleurs en Europe, le régime s'appuie sur le discrédit des élites libérales et le rejet des étrangers pour promouvoir une souveraineté et une fierté nationale retrouvées. Il justifie ainsi un ensemble de mesures sociales mais aussi la mise au pas des journalistes et des juges, et une posture de défi vis à vis des institutions européennes, qu'il n'est pas pour autant question de quitter. À lire aussi dans ce numéro : les nouveaux cahiers de doléance en France, l’emprise du numérique, l’anniversaire de la révolution iranienne, l’antisémitisme sans fin et la pensée écologique.