La Russie de Poutine contre l’Occident. La menace russe au-delà de la guerre d’Ukraine d'Aurélien Duchêne
Préface de Bruno Tertrais
Après avoir décrit à grands traits le régime russe et son projet, et ausculté société et économie russes, l’auteur, consultant en géopolitique et défense et chargé d’études à Euro Créative, se propulse dans les années 2030-2040 et imagine le scénario du pire, celui de la « guerre suivante ».
Avant d’en venir à l’attitude de la Russie, Aurélien Duchêne se demande ce que signifie l’effondrement du front ukrainien. S’agit-il de la défaite des forces ukrainiennes à Koursk, où le territoire « occupé » par l’Ukraine est passé de 1 200 kilomètres carrés à moins de 500 kilomètres carrés ? De la conquête par les forces russes de la totalité des oblasts de Donetsk et de Louhansk ? D’un écroulement de l’ensemble du front s’étirant sur 1 000 kilomètres ? Et quelle sera alors l’attitude des alliés de l’Ukraine ? Quel pays membre de l’Otan se portera à son secours sans l’aval ou l’appui logistique des États-Unis ? Ses dirigeants devront recevoir le soutien de leur Parlement et/ou de leur population…
Tout dépend de ce qu’il convient de définir comme une victoire russe et de ce que les Occidentaux sont disposés à faire pour l’éviter. S’agit-il, sur le plan territorial, de la reconnaissance juridique par l’Ukraine de l’appartenance de la Crimée comme de la « Nouvelle-Russie » à la Russie et, sur le plan politique, l’engagement de l’Ukraine à ne pas intégrer l’Otan et à réintroduire la neutralité dans sa Constitution ? Ou s’agit-il, comme l’exige Moscou, de remodeler l’ensemble de l’architecture de sécurité européenne, garantissant à la Russie le retrait des forces de l’Otan des territoires ayant appartenu à l’Union soviétique ? Bien qu’il reste difficile de prévoir l’attitude de Donald Trump, il est acquis à ses yeux que la guerre entre la Russie et l’Otan est désormais devenue possible. À court et moyen terme, on ne peut guère escompter une guerre civile ou un sursaut civique en Russie.
En conclusion, l’auteur en appelle à une aide plus massive de la France à l’Ukraine et à son effort d’armement. En dehors de la Pologne, des pays baltes, de la Suède et de la Finlande, la plupart des pays européens avancent avec mesure, sinon lenteur. Il appartient pourtant à l’Europe d’être un acteur et non un simple témoin de son destin.