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Comment la crise vient à la philosophie

mars/avril 2012

#Divers

La crise n’est pas réductible à la situation économique, ni à une brève période de transition : elle devient désormais l’horizon de notre existence. Il importe donc de la penser, dans la suite de Paul Ricœur, comme la norme de la modernité. Elle apparaît alors comme l’emblème du présent.

Michel Foucault suggérait – à propos du texte de Kant sur les Lumières – qu’une certaine manière d’aborder la question du présent et de l’actualité était propre à la modernité, au discours philosophique de (et sur) la modernité. Que se passe-t-il aujourd’hui ? Quelle différence y a-t-il entre aujourd’hui et hier ? Qu’est-ce que ce présent auquel nous appartenons et que sommes-nous en ce temps qui est le nôtre ? En s’interrogeant sur son actualité, sur son mode d’être au temps, le texte de Kant fait ainsi émerger une nouvelle manière d’aborder la modernité : non plus comme « période » mais comme question1.

À suivre cette perspective, on peut difficilement faire l’impasse sur la façon dont un certain présent – celui de la « crise » – vient aujourd’hui à l

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Myriam Revault d'Allonnes

Philosophe, professeur émérité des universités à l'École pratique des hautes études, Myriam Revault d'Allonnes a notamment publié La Faiblesse du vrai. Ce que la post-vérité fait à notre monde commun (Seuil, 2018), La Crise sans fin. Essai sur l'expérience moderne du temps (Points, 2016) et Pourquoi nous n'aimons pas la démocratie (Seuil, 2010).…

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