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Malaise dans la finance, malaise dans la mathématisation

février 2009

#Divers

La mathématisation reste la part la moins connue et la moins discutée de la crise financière. Pourtant, l’usage des mathématiques n’est pas neutre ni, surtout, sa généralisation à tous les risques. En effet, la nature d’un risque est inséparable de l’interprétation qu’en font les acteurs. Or, l’approche mathématique, nécessairement formelle, a tendance à négliger cette dimension d’interprétation, ce qui revient finalement à méconnaître une partie des risques.

De nombreux facteurs ont été avancés pour expliquer la crise des subprimes et l’imprévoyance d’institutions financières pourtant compétentes. Parmi les raisons de fond, on a accusé la titrisation qui mettait sur le marché des produits financiers complexes attachés à des créances douteuses. Plusieurs commentateurs ont également suspecté l’hypermathématisation de la finance de faire illusion de scientificité. Nous reprenons cette question en la poussant plus loin sur le plan philosophique.

La crise des subprimes survient alors que la finance est très mathématisée

La crise des prêts hypothécaires américains, dont les dégât

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Nicolas Bouleau

Professeur émérite à l'École des Ponts ParisTech où il a dirigé pendant dix ans le centre de mathématiques, Nicolas Bouleau est mathématicien et philosophe des sciences.    Il est notamment l'auteur de Le Mensonge de la finance (Éditions de l'Atelier, 2018), Mathématiques et risques financiers (Odile Jacob, 2009), Martingales et marchés financiers (Odile Jacob, 1998). …

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