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Le découplage de la religion et de la culture : une exception musulmane ?

mars/avril 2007

La foi se dissocie des cultures d’origine, la pratique religieuse se déterritorialise. Mais ce qui vaut pour l’islam vaut également pour les autres religions.

En proposant de remplacer le clash par le « dialogue » des cultures, on risque d’accorder, de fait, l’essentiel aux défenseurs du clash, à savoir l’idée que le monde est partagé en « cultures » très différentes. Mais par quels traits définir une culture ? Dans l’usage courant qui est fait de ce mot, on inclut en général la présence d’une religion ou d’une imprégnation religieuse (culture occidentale chrétienne, culture musulmane, etc.), d’un territoire (aires culturelles, comme le Moyen-Orient ou « le monde musulman »), et souvent aussi, du moins pour l’origine, une ethnie (culture « arabe »). Les brassages de populations et les migrations font qu’une culture n’est plus forcément le propre d’un territoire ou d’un groupe ethnique, mais il est clair qu’aujourd’hui encore, on considère que toute culture repose sur une religion et que toute religion – toute grande religion du monde en tout cas – est incarnée dans une culture.

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Olivier Roy

Philosophe, politologue, spécialiste de l'islam politique.   Après avoir travaillé sur la guerre d'Afghanistan en ayant notamment fait plusieurs séjours dans le pays auprès des Moudjahidines, Olivier Roy se concentre sur l'étude des mouvements politiques islamistes, d'abord en Asie centrale, puis au Moyen-Orient, pour ensuite développer une approche globale des questions de l'islam contemporain.…

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