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Soigner les personnes à la rue

Que penser de la polémique de février à propos du nombre de personnes qui vivent dans la rue à Paris, après des déclarations de responsables politiques de la majorité La République en marche ! (Lrm) qui le minimisaient ?

Il faudrait se dire d’abord qu’elle est salutaire. Mais la crispation autour de données chiffrées, qui feraient « masse » et seraient à réviser, nous oblige collectivement dans le sens d’une réelle volonté de dépasser le constat quantitatif, même très précis. Sinon, l’indignation citoyenne contre une sous-estimation risque de nous plonger, au mieux, dans la considération et l’empathie, au pire, dans la sidération, l’ambivalence voire le cynisme, qui peuvent se révéler de dangereux poisons démocratiques et contribuer au délitement du principe de solidarité. Toutes ces réactions fragilisent l’institution politique et administrative et la confinent dans l’impuissance à dégager une politique publique crédible, avec une vision durable et garante de la cohésion sociale.

Du point de vue quantitatif, le chiffre de 143 000 personnes sans domicile fixe en France[1] reste de prime abord symboliquement fort et

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Pascal Bouffard

Membre de Médecins du monde (à Paris).

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Comment se fait aujourd’hui le lien entre différentes classes d’âge ? Ce dossier coordonné par Marcel Hénaff montre que si, dans les sociétés traditionnelles, celles-ci se constituent dans une reconnaissance réciproque, dans les sociétés modernes, elles sont principalement marquées par le marché, qui engage une dette sans fin. Pourtant, la solidarité sociale entre générations reste possible au plan de la justice, à condition d’assumer la responsabilité d’une politique du futur. À lire aussi dans ce numéro : le conflit syrien vu du Liban, la rencontre entre Camus et Malraux et les sports du néolibéralisme.