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Position. Ressusciter les « langues mortes »

juillet 2013

#Divers

L’émotion est grande dans le milieu de l’enseignement du latin et du grec. En effet, l’arrêté du 19 avril 2013 fixant l’organisation du Capes pour l’année prochaine fait apparaître qu’il n’existe plus de Capes de lettres classiques (ni d’ailleurs de lettres modernes), mais un seul Capes de lettres avec deux options : lettres classiques et lettres modernes. La modification est de l’ordre du symbolique car il y a peu de changements par rapport aux deux anciens Capes, mais précisément ce changement symbolique a été perçu comme l’annonce de la mort programmée d’un enseignement auquel on reproche son rôle dans la reproduction sociale.

L’enseignement du latin, dès l’époque humaniste et la Renaissance, n’a visé que les enfants de l’élite sociale, et cela vaut pour tout l’Ancien Régime. À l’époque de la Révolution, on voit d’ailleurs apparaître la stigmatisation des parents des classes moyennes qui, voyant bien que c’est l’enseignement de l’élite, veulent faire étudier le latin à leurs enfants parce que « le latin mène à tout ». Au xixe siècle, on reste conscient que tout enseignement d’élite passe par le latin. Puis, pour éviter de faire baisser le niveau de cet ensei

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