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L'identité catholique française en tension

mars/avril 2017

#Divers

L’Église catholique de France est aujourd’hui au cœur d’un paradoxe. À droite, la révérence pour les racines catholiques de la France permet de redonner un contenu culturel à l’identité nationale sans renoncer à l’universalisme républicain. Le recours aux racines permet ainsi de tracer une frontière symbolique entre la minorité musulmane et la majorité catholique. Au nom de la dimension patrimoniale du catholicisme, l’Église mérite une préséance qui échappe à la toise laïque. Le culturel n’est pas le cultuel et les crèches peuvent donc avoir leur place dans les mairies. Au nom même de ce patrimoine religieux, à défendre comme nos monuments et nos terroirs, les musulmans devraient bien sûr, par souci d’intégration, renoncer à donner une visibilité à leur foi. Gérald Darmanin propose ainsi d’interdire les minarets dans le Code de l’urbanisme pour ne pas compromettre le paysage national. Robert Mesnard s’oppose aux kebabs au nom de la « tradition judéo-chrétienne » de la France. On peut se demander si cette muséification de la France catholique n’est pas le stade ultime du processus de décomposition folklorique décrit jadis par Michel de Certeau.

Des paroissiens très divers

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