Francisco de Goya, Sacrifice à Pan, 1771
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Le grand Pan est mort !

Comme les païens au ive siècle, les chrétiens d’aujourd’hui prennent conscience qu’ils deviennent étrangers à la nouvelle civilisation. Mais le Dieu chrétien peut renaître en Europe, par le mysticisme, ou sous une forme communautaire si l’Eglise catholique accepte de se réformer et d’évoluer sur la sexualité.

C’est au ive siècle que le christianisme comme civilisation l’emporta sur le paganisme. Ce fut son combat fondamental, un moment capital. De grands romantiques comme Michelet et Heine n’ont pas manqué de nous rappeler une légende que racontaient les Anciens : «Certains auteurs nous assurent que peu de temps avant la victoire du christianisme, une voix mystérieuse courait sur les rives de la mer Égée disant: “Le grand Pan est mort.” L’antique Dieu universel de la Nature était fini. Grande joie… S’agissait-il simplement de la fin de l’ancien culte, de sa défaite, de l’éclipse des vieilles formes religieuses? Point du tout. En consultant les premiers monuments chrétiens, on trouve à chaque ligne l’espoir que la Nature va disparaître, qu’enfin on touche à la fin du monde.» Ainsi s’exprime Michelet au début de La Sorcière.

Partager le sort des païens
de l’Antiquité finissante ?

Les Romains pressentaient la fin de leurs dieux. Une fois vainqueurs, les chrétiens, il est vrai, n’hésitèrent pas à l’occasion à incendier les temples païens, parfois avec l

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Jean-Claude Eslin

Philosophe, lecteur et commentateur, entre autres, d'Hannah Arendt et de Max Weber, il s'intéresse aux interrogations politiques contemporaines, notamment la place faite à la religion dans la société moderne. Il intervient régulièrement dans la revue sur la situtaion, notamment institutionnelle, de l'Eglise catholique en France. Il travaille aussi sur la question européenne, la relation à l'Allemagne...

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Si l’affaiblissement de la base sociale du christianisme en Europe est indéniable, selon le dossier coordonné par Jean-Louis Schlegel, la sécularisation transforme la foi et l’appartenance religieuse en choix personnels et maintient une culture d’origine chrétienne et une quête de sens, particulièrement sensibles dans la création littéraire. A lire aussi dans ce numéro : une défense d’Avital Ronell, un récit de voyage en Iran et des commentaires de l’actualité politique et culturelle.