Pensionnat pour Autochtones à Kamloops en 1930 | Archives Deschâtelets-NDC, Richelieu
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La face cachée du Canada

juil./août 2021

Au Canada, la découverte des corps de plus de deux cents enfants autochtones ravive la mémoire du système de pensionnats d’assimilation mis en place aux xixe et xxe siècles. Si des efforts ont été réalisés, des réticences subsistent à intégrer les Premières Nations à la communauté nationale.

La récente découverte d’un charnier contenant les restes de 215 enfants autochtones sur le terrain d’un ancien pensionnat ouvre une fois de plus un chapitre macabre et honteux de l’histoire canadienne. Cette découverte vient s’ajouter à la liste des 3 200 enfants autochtones qui, selon le rapport final de 2015 de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, sont morts des suites de mauvais traitements subis dans le système des pensionnats administrés par les Églises. Depuis des années, des rumeurs circulent sur l’existence de tombes non marquées dans les pensionnats, mais c’est la première fois dans l’histoire du Canada que l’on se trouve confronté à un lieu de sépulture important. Cet incident s’ajoute aux pages sombres de la suprématie blanche au Canada. En fait, plus qu’une tragédie nationale, cette récente découverte d’un charnier autochtone rappelle les difficultés qu’ont encore les Canadiens blancs à reconnaître les crimes commis par leurs ancêtres à l’encontre des Premières Nations au Canada.

Le système des pensionnats, qui a fonctionné des années 1880 à la fin des années 1990, a été mis en place par le gouvernement canadien et administré

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Ramin Jahanbegloo

Directeur du Centre Mahatma Gandhi pour la Paix à l'O.P. Jindal Global University (Inde), il est notamment l’auteur de The Gandhian Moment (Harvard University Press, 2013).

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Nos attentes à l’égard de la littérature ont changé. Autant qu’une expérience esthétique, nous y cherchons aujourd’hui des ressources pour comprendre le monde contemporain, voire le transformer. En témoigne l’importance prise par les enjeux d’écologie, de féminisme ou de dénonciation des inégalités dans la littérature de ce début du XXIe siècle, qui prend des formes renouvelées : le « roman à thèse » laisse volontiers place à une littérature de témoignage ou d’enquête. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Alexandre Gefen, explore cette réarticulation de la littérature avec les questions morales et politiques, qui interroge à la fois le statut de l’écrivain aujourd’hui, les frontières de la littérature, la manière dont nous en jugeons et ce que nous en attendons. Avec des textes de Felwine Sarr, Gisèle Sapiro, Jean-Claude Pinson, Alice Zeniter, François Bon.