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L’homme qui marche. À propos du cinéma de Béla Tarr. Les yeux noirs (II)

décembre 2011

#Divers

À propos du cinéma de Béla Tarr. Les yeux noirs (II)

Au fond de nous, comme une flamme craignant la lumière, une sombre nostalgie, mais de quoi – nous ne le savons pas, car nous n’avons jamais connu la vie sans douleur que nous croyons regretter. Cette nostalgie, vient-elle de notre condition insatisfaite, abrégée sans soulagement, ou plutôt de ce que rien de ce qui nous entoure ne changera jamais ?

Nous continuons et nous recommençons tous les jours, après chaque dose de poison, malgré chaque verre de cet alcool clair comme de l’eau de source que Béla Tarr fait boire à ses personnages. Nous restons attachés à nous-mêmes sans pouvoir nous éloigner, comme un chien en laisse. En enfer, les malheureux nagent dans la merde, le feu et la glace. Mais le châtiment n’est pas le supplice ; c’est la vie sans lendemain, l’absence d’issue, la répétition. Il paraît que là-bas on ne meurt jamais, tout comme ici. C’est bien dommage.

Si nous sommes nostalgiques, ce n’est donc pas que nous ayons perdu quelque chose que nous aimions et que nous nous précipitons vers la fin avec le dépit d

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