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2. Le pouvoir sans l'aura

juillet 2007

Les élections présidentielles ont marqué un changement d’ambiance, lié aux deux personnages en lice, à leur manière d’être au travers de l’écran, à leur présence isolée au centre de la scène, cibles des regards collectifs braqués sur eux.

Pour qui l’observe simplement devant sa télé, la période électorale n’a pas dégagé des événements clefs mais une impression d’ensemble, un sentiment que quelque chose de différent a eu lieu, et que cela concerne non pas le contenu de la communication mais son style.

La curiosité du téléspectateur est plastique : l’urgence de sa faim de savoir ce qui se passe, et qui n’a d’autre but qu’elle-même, fait de lui le miroir premier de cette ambiance de l’époque. Vouloir être au courant, se saisir du présent, poser la question du monde derrière l’écran, c’est vouloir en partager la contemporanéité, au moins sous sa forme d’ensemble, son style de performances, son genre de manières – ses couleurs et ses matériaux « top », toutes ces bonnes façons d’aller mal, ces intensités « glamour » quand on descend de voiture. Toute la cascade d’appétits divers qui nou

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Véronique Nahoum-Grappe

Véronique Nahoum-Grappe est anthropologue et ethnologue. Elle a travaillé sur la violence, les rapports entre les sexes, la dépendance (notamment l'alcool, voir son livre Vertiges de l'ivresse. Alcool et lien social, Descartes et Cie, 2010). Tout en s'intéressant aux lieux de violence et de privation de liberté (camps de réfugiés en ex-Yougoslavie, prisons...), elle ausculte également les petits…

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