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Vérité de fait et opinion politique

octobre 2017

#Divers

Le thème de « la politique post-vérité » ou de « la politique post-factuelle » trouve une nouvelle actualité à la lumière de certains événements et situations récents, notamment aux États-Unis. Beaucoup de présupposés sont discutables dans cette notion, par exemple l’idée qu’on aurait eu affaire, avant l’ère de la post-truth, à une politique démocratique intrinsèquement éclairée par la vérité – que faire alors, parmi tant d’exemples, du déclenchement de la seconde guerre du Golfe au nom des « armes de destruction massives » de Saddam Hussein ? Ou encore la suggestion selon laquelle, avant l’ère de la « post-vérité », nous aurions eu affaire à une presse et à une information libres de distorsions idéologiques, ce qui est évidemment risible : pensons à la façon dont tant de médias français ont présenté le référendum de 2005 concernant le Traité pour l’Union européenne en « criminalisant » la possibilité du vote « Non », en n’hésitant pas à parler d’un choix « socialiste-national », etc. Il faut donc s’interroger sur la consistance de cette notion et cerner de plus près l’éventuelle nouveauté du phénomène qu’elle désigne. Mais on aimerait d’abord la situer par rapport à un problème classique de philosophie politiq

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Jean-Claude Monod

Philosophe, il s'intéresse en particulier aux rapports entre politique et religion, ainsi qu'à l'articulation entre démocratie et pouvoir, notamment dans l'interrogation qui est au coeur de son livre, Qu'est-ce qu'un chef en démocratie? Politiques du charisme (Paris, Seuil, 2012).

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La « post-mémoire » renvoie à ces événements traumatiques qui se sont produits dans le passé, mais dont les effets se prolongent dans le présent. Comment les accueillir en ménageant nos capacités de pensée, d’action et de création ? Ce dossier articule notre vulnérabilité aux violences de l’histoire et nos possibilités de réparation par les histoires que nous nous racontons.