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« Pour toujours » et « À jamais ». Les cadenas d'amour

Les cadenas d’amour

Fin octobre 2012, à Saint-Pétersbourg, quelques gros cadenas grenat sont accrochés aux rambardes du pont dit des Baisers, qui porte bonheur aux amoureux qui le traversent en s’embrassant. Ces cadenas rouges en forme de cœur, bien costauds, semblent adaptés à la ferronnerie magistrale du lieu et au site, prêts à affronter les hivers de cette ville polaire où, selon Dostoïevski dans les Nuits blanches, les habitants voient revenir leur effrayante dépression latente à la vue d’un seul nuage menaçant leur soleil rasant. Ce soleil qui réchauffe l’âme avant le corps, qui restitue les clartés des façades et fait flamber le rouge du cadenas (« rouge », en russe, signifie « beau »). Deux prénoms sont écrits au cœur de ce cœur bien accroché : c’est un cadenas d’amour.

Je les ai d’abord vus à Côme, en juillet 2009, sur une jetée qui se termine en minuscule cercle, la rambarde brillait de loin sur le lac : autant de cadenas de toutes formes et de toutes couleurs scintillant au soleil. Les cadenas parlent : deux prénoms, une date, le plus souvent. Très rarement, un autre vœu se laisse deviner, réussir à un examen, ou un autre l

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Véronique Nahoum-Grappe

Véronique Nahoum-Grappe est anthropologue et ethnologue. Elle a travaillé sur la violence, les rapports entre les sexes, la dépendance (notamment l'alcool, voir son livre Vertiges de l'ivresse. Alcool et lien social, Descartes et Cie, 2010). Tout en s'intéressant aux lieux de violence et de privation de liberté (camps de réfugiés en ex-Yougoslavie, prisons...), elle ausculte également les petits…

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