Notes de lecture

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Le siècle du populisme. Histoire, théorie, critique de Pierre Rosanvallon

septembre 2021

L’hypothèse avancée dans le dernier ouvrage de Pierre Rosanvallon est que le populisme constitue « l’idéologie ascendante du xxie siècle », à la fois un symptôme et une fausse solution à la crise de nos démocraties contemporaines.

L’auteur observe que les ouvrages sur le populisme se sont essentiellement concentrés sur le vote populiste et ses causes, qu’elles soient économiques, sociologiques ou culturelles. Ainsi réduit à sa dimension électorale, voire à un simple style rhétorique, le populisme est trop souvent approché comme une anomalie, et non comme une idéologie à part entière. Contrairement aux grandes idéologies de la modernité comme le libéralisme, le socialisme ou l’anarchisme, le populisme apparaît dénué de figure intellectuelle visible ou d’œuvre théorique fondatrice, si l’on excepte les récents travaux sur la possibilité d’un populisme de gauche d’Ernesto Laclau et de Chantal Mouffe1. Le but de P. Rosanvallon consiste donc à proposer un travail de conceptualisation. Il commence par adopter une conception large de son objet d’étude : le populisme, qu’il soit de droite comme de gauche, doit selon lui être défini comme une « culture politique », dont l’idéal-type est composé de cinq éléments.

En premier lieu, les mouvements populistes se caractérisent par une conception du « peuple-Un » q

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Seuil, 2020
288 p. 22 €

Adélie Chevée

Diplômée en Affaires européennes à Sciences Po Paris, et en Relations internationales à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Adélie Chevée a réalisé une thèse de doctorat sur l'activisme politique des réfugiés syriens au Liban, à l'Université d'Oxford. Depuis 2015, elle prépare un doctorat en politique et études internationales à l'École des études orientales et africaines (SOAS). Ses recherches portent sur…

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La question du logement nous concerne tous, mais elle peine à s’inscrire dans le débat public. Pourtant, avant même la crise sanitaire, le mouvement des Gilets jaunes avait montré qu’elle cristallisait de nombreuses préoccupations. Les transformations à l’œuvre dans le secteur du logement, comme nos représentations de l’habitat, font ainsi écho à nombre de défis contemporains : l’accueil des migrants, la transition écologique, les jeux du marché, la place de l’État, la solidarité et la ségrégation… Ce dossier, coordonné par Julien Leplaideur, éclaire les dynamiques du secteur pour mieux comprendre les tensions sociales actuelles, mais aussi nos envies de vivre autrement. À lire aussi dans ce numéro : le piège de l’identité, la naissance du témoin moderne, Castoriadis fonctionnaire, le libéralisme introuvable, un nouveau Mounier et Jaccottet sur les pas d’Orphée.