Notes de lecture

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Beckett, 27 juillet 1982, 11 h 30 de Michel Crépu

J’ai fait la connaissance de Michel Crépu à la revue Esprit, peu avant sa rencontre avec Samuel Beckett au bar de l’hôtel PLM Saint-Jacques. Ainsi ai-je pu à la fois me réjouir de serrer la main de quelqu’un qui avait serré celle de Beckett, et m’étonner que l’entretien n’amenât pas l’heureux élu à répandre un flot de mots. Une trentaine d’années plus tard, il saisit l’occasion de nous en dire plus long, nous lui emboîtons le pas et les surprises se succèdent. De la rencontre (peu après la première de Catastrophe), tout ce que nous apprenons, c’est que Crépu, alors attelé à un mémoire universitaire sur les rapports entre les œuvres de Beckett et de Bram Van Velde, en prit prétexte pour s’adresser au grand Sam et que celui-ci voulut bien lui confirmer de vive voix n’avoir rien à ajouter à ce qu’il avait mal écrit sur le peintre. Des paroles furent tout de même échangées dans ce bar, mais nous ne les connaîtrons pas. L’invité, une fois seul, rédigea certes un compte rendu, mais il le mit si bien « à l’abri » qu’à ce jour, il n’est pas encore parvenu à le dénicher. Il y aurait de quoi être d&e

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Adrien Le Bihan

Adrien Le Bihan est un écrivain, professeur et traducteur. Il a travaillé dans les services culturels français en Union soviétique et en Pologne. Il est notamment l’auteur de Auschwitz Graffiti (Librio, 2000) et Isaac Babel, L’écrivain condamné par Staline (Perrin, 2015).

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Là où nos sociétés connaissent des tensions, là aussi travaille le langage. Le dossier d’Esprit (décembre 2019), coordonné par Anne Dujin, se met à son écoute, pour entendre l’écho de nos angoisses, de nos espoirs et de nos désirs. À lire aussi dans ce numéro : les déçus du Califat, 1989 ou le sens de l’histoire et un entretien avec Sylvain Tesson.