Notes de lecture

Dans le même numéro

Les nouveaux anciens, de Kate Tempest

mai 2018

#Divers

Dans notre banalité la plus ordinaire, «coincés pour toujours entre le pitoyable et l’héroïque», nous sommes les dieux de notre époque, les nouveaux anciens de ceux qui, un jour, nous déterreront et nous trouveront. Ce poème met en scène deux couples et leur descendance. Des femmes et des hommes qui s’aiment, font l’amour, ont des enfants alors qu’ils voudraient se quitter, des enfants qui trébuchent, échouent et, parfois, trouvent leur chemin. Les mythes, pour Kate Tempest, rappeuse et slameuse, racontent «qu’il nous faut juste appartenir quelque part». Et ce lieu est ici d’abord la force d’une langue : une langue qui s’empare des signes, des gestes, des objets du quotidien, pour les regarder autrement ; une langue à la fois simple, directe et ample, puissante, qui nous relie et nous enlève. Rien n’écrase des personnages que tout aurait pu accabler. La révolte est encore possible, comme le montre une scène de colère «totale et abrupte». Superbe preuve de vitalité de la part de cette grande maison d’édition, qui nous fait ainsi découvrir cette auteure encore méconnue en France.

Traduit de l’anglais par D’ de Kabal et Louise Bartlett L’Arche, 2017
64 p. 12 €

Antoine Hardy

Dans le même numéro

À l’occasion de la rétrospective consacrée à Chris Marker par la Cinémathèque française, le dossier de la revue Esprit revient sur les engagements de celui qui en fut un collaborateur régulier. Propres à une génération forgée par la guerre, ces engagements sont marqués par l’irrévérence esthétique, la lucidité politique et la responsabilité morale. À lire aussi dans ce numéro : Jean-Louis Chrétien sur la fragilité, les défis du numérique à l’école et les lectures de Marx en 1968.

 

Pour aller plus loin, découvrez une sélection de textes écrits par Chris Marker dans Esprit entre 1946 et 1951 : Chris Marker, cinéaste-chroniqueur